banpresque

Oui, c’est vrai, je mérite un gros FAIL en travers du visage, mais en travers du mien, hein, seulement le mien ! Car si je ne suis quasiment pas venu à la fête que j’ai organisé, la Semaine du Sexe, quelques brillants blogueurs ont relevé le défi, et avec un brio qui m’a laissé sur les fesses.

Là où j’ai merdé, c’est de penser que je pouvais gérer simultanément la Sexweek avec un nouveau voyage en russie de 5 jours, alternant le jour et la nuit de manière fluide et fauve, prenant ma plume sous la lampe du Radisson Slavyanskaya de retour de soirée, pour nourrir le blog.

Mais vous savez ce que c’est, et je sais maintenant ce que c’est , ce genre de résolutions est tout bonnement impossible à tenir. Je me suis donc fait doubler comme un bleu, suis tombé encore une fois dans les bras de Moscou pour délaisser mon blog quelques jours. Je ne recommencerai plus ce genre de promesses intenables.

MAIS je tiens cependant à rendre hommage à au moins trois blogueurs ayant rédigé deux posts ou plus  sur la thématique de la sexweek, c’est à dire plus que moi.

En #1, Marivaudage

, avec pas moins de 6 posts, tous aussi cool et documentés les uns que les autres, sur le thème du cinéma.

En #2, PockyWorld

, ayant également aromatisé une semaine entière au gout de la sexweek, ce qui m’a permis de mieux connaitre son blog, dont j’aime la mise en page et l’expression.

En #3, Perséphone

, blogueuse que j’apprend de mieux en mieux à connaitre et qui pour l’instant s’avère drôle, belle et intelligente. Il y a un loup quelque part.

Je veux également rendre hommage à Vodkaster qui a participé aussi, ainsi que Pourquoi Pas Nous.

Du coup je n’ai pas terminé ma liste des Six Films qui comptaient pour l’adolescent que j’étais. Je vais terminer la besogne. Le seul petit problème est que je ne me souviens pas du numéro 6.

#4, Pam & Tommy Lee Hardcore & Uncensored (1998)

pam

Avant la sortie de Pam & Tommy Hardcore and Uncensored, ce que l’on appelait “Porno Amateur” était un ghetto dégueulasse, réservé aux pages de fin de Hot Magazine, présentant des vignettes sordides de films dont la seule valeur ajoutée était un pire éclairage, des filles plus moches et plus poilues que dans les films “professionnels”.

Cette vidéo, soit disant dérobée à Pamela Anderson, qui était, remettons les choses à leur place, une des femmes les plus sexy du monde quand cela s’est passé, contient involontairement toute la charte graphique et l’imaginaire esthétique de ce qu’est 99% du porno amateur d’aujourd’hui. Apartés, balayages vidéo, scènes à véhicule, camera subjective point of view, cut brutaux, rires complices.

C’est, à mon humble avis,  le seul vrai chef d’oeuvre de l’histoire de la pornographie. C’est une pièce d’art contemporain , une mise en abyme vertigineuse. Un documentaire sur le sexe de la femme la plus désirée au monde. C’est “l’origine du monde” des années MTV, rien de moins.
Il est à noter également que ce film est le seul film à ma connaissance qui ait connu le buzz “old school” en VHS (cartables etc, je vous en ai parlé) ET le buzz par Internet – il fut un des premiers hits “téléchargeables” sur Internet et largement répandu, partagé et commenté sur les réseaux de P2P.
Sorte d’apogée non voulue de cette icone sexuelle des années 90,  une photographie  Hi-8 to numérique sublime, cette célébration de la video amateur fait de PA&TLH&U le Néanderthal, le Lucie, le Gutemberg de la génération YouPorn, Bangbus, la Joconde du sexting.

Et pour terminer sur PA&TLH&U, c’est aussi et surtout une histoire d’amour. L’amour aveugle de Pam pour ce Tommy Lee potache et gamin auquel on s’identifie volontiers lui fait faire toute ces bêtises de vant l’objectif, ce qui rend l’acte charnel donné à voir absolument inédit – à la lumière de tout ce que l’on avait vu avant dans le porno, cette fois-ci, c’était vrai. Il faisaient l’amour.

C’est peut-être mon côté Fleur Bleue qui parle, mais …si le triomphe de l’amateur de nos jours ne démontrait-il pas un appétit débordant du public de voir de l’amour plus que du sexe ? Pourquoi cherche-t-on le réel, pourquoi préfère-t-on le vrai de l’amateur au simulé du pro – la seule différence étant le réalisme des intentions ?

#5, Maneater (2004)

Maneater marque pour moi la fin de l’innocence, la fin d’un époque, une récompense de fin de cycle et une désillusion en même temps.

Janine Lindemulder était une icône des années 90 – belle jument blonde et expressive, sorte de Dalida Californienne, qui avait une particularité : elle ne couchait qu’avec des femmes, ne se réservant aux hommes que dans le cadre privé.
Une légende, considérée comme fausse par lex experts, affirme que cette décision avait été prise après que Janine soit tombée enceinte lors d’une relation non protégée durant un de ses tout premiers tournages.

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Cette exclusivité fit de Janine, particulièrement zélée à faire fonctionner la machine à gémissements de ses collègues à jupettes, une immense star du X.
Maneater tomba comme un couperet dans l’industrie : Janine se met aux hommes. Va choisir les acteurs avec qui elle va tourner ses premières scènes hétérosexuelles à l’écran. Ca sera énorme, un comeback d’enfer. Et ça s’appellera maneater, mangeuse d’hommes.
Un film concept, sans histoire, autoréférentiel, voire phatique, ou Janine commente entre deux scènes le fait qu’elle s’adonne enfin aux hommes devant la camera,parce qu’elle le vaut bien.
L’oeuvre qui en découle est étrange, très pressée, frénétique, Janine y grimace en permanence, aux limites de la douleur, se demandant peut-être, à l’instar du spectateur incrédule, si ce film était nécessaire. Tout le mystère qui l’entourait, envolé, échappé dans une grange à l’éclairage parfait des productions Vivid.

Aujourd’hui, Janine est en prison pour fraude fiscale. Elle a ouvert un site porno sur le thème carcéral pour l’aider à subvenir à ses besoins, et nourrir sa petite famille, dont surement le petit garçon conçu en tournage. VDM.

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