OK, les gros, vous croisez les bras, les bons acteurs tournez-vous vers la droite.

Attention : ce post contient des spoilers sur la saison 4 de Prison Break, mais lisez quand même.


Je ne ferai pas partie de ces fans de Prison Break qui s’évertuent à dire que la série aurait du s’arrêter à la fin de la première saison, mais Prison Break aurait du s’arrêter à la fin de la première saison quand même.
Un débriefing sur l’état de la série après le jump. Allez hop.

La saison 1 de PB était une petite merveille de suspense et d’ingéniosité – un frère se fait volontairement incarcérer dans la prison dont il a été un des ingénieurs architectes pour y faire évader son frère injustement condamné à mort. Machinations politiques, théories du complot, rythme effrené, astuces à la Mc Gyver toutes les dix minutes, le scénario de ce premier opus était un petit bijou.
Au contraire des autres saisons qui suivirent, on avait vraiment l’impression que les scénaristes savaient ou ils allaient, et avaient un plan, tout comme Michael. En fait, dans Prison Break, comme nous allons le voir,  Michael tient un peu le rôle métaphorique des scénaristes de la série.

La saison 2 de PB a tenu les fans en haleine car l’idée de la course poursuite tenait encore la route – meutes de chiens de 1e catégorie la bave aux lèvres, chasse au trésor entre les différents évadés, bon. Cela restait encore de l’évasion, le titre était légitimé, les fans encore là, passons.
Michael est à l’image des scénaristes de la série : il sait d’où il sort (la saison 1), il ne sait pas trop où il va.

La saison 3 commence à dérailler sérieusement. L’ensemble des personnages retournent dans une prison encore plus méchante au Panama, avec gardes de 1e catégorie la bave aux lèvres. On coupe la tête à Sarah Tancredi, échanges mollassons de screenshots sur internet, puis l’excitation retombe, Michael et tous les autres se révadent. Cela restait encore de l’évasion, le titre était légitimé, quelques fans encore là, passons.
Michael est à l’image des scénaristes : toute ses tentatives foirent un peu et il tente péniblement, dans la sueur et la crasse, d’avoir une bonne idée à chaque épisode.

La saison 4 démarre comme une bonne fête du slip. Un flic de 17 ans a une super idée pour récupérer des documents pouvant mettre fin à la Compagnie (conglomérat hyper puissant ayant des ramifications dans le gouvernement américain et chez Taco Bell). Réunir tous les héros de la série “Prison Break” et leur promettre de quitter définitivement la série s’ils retrouvent 6 cartes à puces égarées un peu partout dans les Etats-Unis.
Un mélange malhabile de Dragonball et Ocean Eleven. Les “Fox River” 6 jouent aux enquêteurs, et cette fois-ci la situation est renversée : au lieu de sortir d’un bâtiment, il doivent s’efforcer d’y rentrer.
Oh, et en fait, Sarah Tancredi n’est pas morte. On avait mal vu.

Chaque personnage apporte sa pierre à l’édifice : Bellick apporte son expertise sur les forces de sécurité, Mahone, ancien flic, touche sa bille en armement et en investigation, Lincoln donne des coups de boule, un jeune japonais invente de supers engins technologiques, Sucre court, et Sarah fait la cuisine pour l’équipe en écoutant Get Back Guinozzi.
Quant à Michael, à l’image des scénaristes, il sait qu’il ne passera pas la fin de la saison, sent une menace extérieure prête à le supprimer à tout moment, et se trouve un peu à court d’idées.

Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison sont tellement affligeants qu’on en dirait presque une nouvelle série, avec des personnages qu’on aime bien, une sorte de fanfiction avec gros budget.

A noter également la concrétisation de deux records lors de ces deux premiers épisodes :

Michael Scofield est peut-être le personnage le moins marrant de toute l’histoire de la télévision. Il ferait passer Jack Bauer pour Marianne James. Cette bestiole là ne lâche jamais rien, ça ne se détend pas, toujours tendu, jamais une vanne. Michael, tu es à l’air libre, les flics sont de ton côté, ta femme est revenue, détends-toi, regarde “Le plus grand cabaret du monde”, sors quelques blagues, bon dieu !

L’épisode 2 nous gratifie du baiser le moins sexy de toute l’histoire de la télévision. Le rapprochement entre Michael et Sarah est aussi tendre et érotique que le Point Route de Valérie Maurice (et encore, Valérie Maurice peut encore provoquer des émotions en mimant le réflexe ceinture).

Seul lueur d’espoir de la série, l’indétrônable T-Bag, interprété par Robert Knepper, dans un état de douceur et de faiblesse assez peu ordinaires (il n’a tué qu’une seule personne pour l’instant, et encore, par accident).
C’est la dernière trace d’humour de la série, mais cela ne durera pas, car tout dans le scénario l’amènera inévitablement à rejoindre la crew des tristos pour l’épilogue tout en souffrance d’une série dont nous aurions bien aimer nous évader un peu plus tôt.

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