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	<title>Henry Michel a un avis sur tout</title>
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	<description>Medias, Buzz, Cultures, Musiques, Technos : Henry Michel a un avis sur tout.</description>
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		<title>La fête à l&#8217;envers</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 14:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il va souvent à des fêtes à l’envers, dans lesquelles il commence la soirée allongé.
Baignant dans son vomi, vidant un dernier verre, se demandant qui va le raccompagner.
Puis il s’agenouille, un peu étourdi, la musique prenant des sens inattendus.
Souriant à tout le monde, il importune les filles, dont il ne regarde que les seins et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il va souvent à des fêtes à l’envers, dans lesquelles il commence la soirée allongé.<br />
Baignant dans son vomi, vidant un dernier verre, se demandant qui va le raccompagner.</p>
<p>Puis il s’agenouille, un peu étourdi, la musique prenant des sens inattendus.<br />
Souriant à tout le monde, il importune les filles, dont il ne regarde que les seins et le cul.</p>
<p>Puis il danse un peu, refermant sa chemise, asséchant la sueur<br />
que provoquent ses mouvements.<br />
Il se recoiffe d’un geste, et récolte quelques bises<br />
de quelques connaissances qu’il voit en arrivant.</p>
<p>Il salue le videur, fait mine d’être parfait, envoie quelques textos dans la file d’attente.<br />
Il expose à la nuit son visage parfumé, tripotant dans sa poche une pastille à la menthe.</p>
<p>Sur le trottoir d’en face, une brune aux yeux d’amour lui sourit comme si elle le connaissait déjà.<br />
Puis lui tournant le dos, elle s’en va pour toujours,<br />
se dirigeant sûrement vers une fête à l’endroit.</p>
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		<title>Les Petits-Gris</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 21:51:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[generation]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai eu une courte carrière d’apprenti ufologue,  circa 90. J’avais onze ans, et je dévorais tous les ouvrages consacrés aux OVNIS que je pouvais trouver. Principalement en brocante.

Les brocantes sont les temples de la littérature honteuse, celle dont les gens veulent se débarrasser après avoir pris un plaisir pervers à la lire. Esotérisme, SF [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai eu une courte carrière d’apprenti ufologue,  circa 90. J’avais onze ans, et je dévorais tous les ouvrages consacrés aux OVNIS que je pouvais trouver. Principalement en brocante.</p>
<p><span id="more-2528"></span></p>
<p>Les brocantes sont les temples de la littérature honteuse, celle dont les gens veulent se débarrasser après avoir pris un plaisir pervers à la lire. Esotérisme, SF cochonne, pamphlets réactionnaires, biographies improbables, j’ai toujours pris grand plaisir à fouiner dans cette littérature de seconde zone, qui ne semble exister réellement que dans les brocantes. Je n’ai jamais croisé de tels livres en librairies. C’est à croire qu’il existerait des maisons d’édition « direct-to-brocante », comme il existe des productions ciné « direct-to-dvd ».<br />
Minot, je ne considérais pas les maisons d’édition confidentielles et artisanales qui publiaient ces bouquins comme gage de mauvaise qualité. Je nourrissais déjà quelques réflexions conspirationnistes, en me disant que les pouvoirs en place cultivant le secret avaient soigneusement muselé les maisons d’édition de la place de Paris, afin qu’elles ne publient pas les vérités qui dérangent.<br />
Aussi, je trouvais tout à fait normal qu’une maison d’édition marseillaise soit la seule à publier, sous une vilaine couverture, « OVNI : LES DOSSIERS SECRETS DE LA C.I.A ».  Au contraire, l’ouvrage n’en devenait que plus précieux : nous étions peu à le posséder.</p>
<p>Il n’y avait pas internet à l’époque, sur ce genre de sujet on ne disposait pas de cette galaxie de sites et de vidéos conspirationnistes, ces tonnes de photos montées et démontées, d’enquêtes et de contre enquêtes.</p>
<p>Posséder le savoir équivalait encore à posséder l’ouvrage qui le contenait ; mes livres, je les conservais précieusement dans une boite, ils étaient sulfureux, ils me faisaient peur, et je me sentais privilégié d’avoir accès à ces connaissances.</p>
<p>Les livres secrets des armées américaines, françaises, etc.. Le triangle des Bermudes : LA VERITE. Dossier OVNI : ce qu’on a voulu vous cacher. Le Blue Book. Le Dossier INTERDIT. Des livres de Jean-Claude Bourret, Jimmy Guieu, et plein d’autres auteurs qui avaient souvent une barbe en collier, une pipe à la bouche, et une expression chafouine en dos de couverture.</p>
<p>Un thème récurrent dans ces ouvrages me fascinait totalement. Il s’agissait des petits-gris.<br />
Les petits-gris sont les aliens les plus fréquemment décrits, sous hypnose ou non, par les témoins de rencontres du troisième type ou les victimes d’abduction.<br />
Des petits êtres gris, aux bras frêles et aux yeux noirs gigantesques sans iris. 100% télépathes.<br />
Vous paralysent comme ils veulent.<br />
Leur passion : observer la race humaine (je résume – certains veulent s’allier aux humains pour combattre leur ennemis reptiliens, mais on n’en n’est pas encore à ce stade des négociations). Kidnapper les humains PENDANT LEUR SOMMEIL de préférence, puis les disséquer dans leurs soucoupes, leur carrer un maximum de sondes et de probes dans tous les trous, puis leur effacer la mémoire, les suturer, et les ramener au bercail.<br />
L’absence la plus totale de sympathie. Le scénario typique pour avoir peur le soir.</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/abduc.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2529" title="abduc" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/abduc.jpg" alt="" width="497" height="278" /></a><br />
<small>Modus Operandi de base. Regardez bien comme celui de gauche à l’air super énervé, voire exaspéré, alors que vous n’avez encore rien fait.</small></p>
<p>Fort de ces ouvrages et de ces récits documentés, je me sentais plus malin que les autres, mes copains qui n’avaient pas accès à ces informations. Moi je savais. Je savais pour les petits-gris.<br />
Est-ce que cela m’aurait donné un quelconque avantage sur mes amis, le jour où ces extra terrestres auraient débarqué ?  Absolument pas. Ces ouvrages ne m’expliquaient pas comment leur parler ou leur éclater la cervelle. Ils les décrivaient, c’est tout.</p>
<p>Mon seul avantage aurait été de pouvoir dire en voyant les petits-gris marcher à toute vitesse vers nous « ah oui, effectivement, je valide, ce sont eux, je possède des photos à leur sujet dans des livres », ce qui n’aurait pas spécialement changé le sort qu’ils m’auraient réservé.<br />
Je ne pense pas que les petits-gris aient assez d’orgueil pour m’épargner une dissection sous le seul prétexte qu’ils étaient les héros de ma littérature.<br />
Les petits-gris n’en ont strictement rien à foutre de ce genre de considérations.</p>
<p>C’était même PIRE que ça : en les connaissant, je m’exposais plus facilement à une rencontre avec des petits-gris.<br />
Cette théorie venait d’un auteur – je ne me souviens plus lequel – qui en un seul paragraphe me fit passer un nombre incalculable de nuits blanches en 1990. Un seul paragraphe, qui pourrait même à vous, pour peu que vous soyez concon et habitiez à la campagne, vous faire passer également des nuits blanches.</p>
<p>Le paragraphe disait, grosso modo :<br />
« Les petits-gris, ne communicant que télépathiquement, choisissent leurs sujets d’expérimentations en fonction de leur facilité innée de communication télépathique. Cette fonction télépathique étant limitée chez l’être humain, il arrive qu’à tort les petits-gris soient attirés dans leur navigation par des champs cérébraux qui leur sont adressés. <em>En quelque sorte, penser à eux les attire.</em> »</p>
<p>PENSER A EUX LES ATTIRE. Donc le soir, éteignant ma lampe de chevet pour m’endormir, je devais me forcer à vider mon esprit, étouffer ma terreur et chasser les petits-gris de ma pensée, de peur de les attirer dans mon jardin (qui contenait d’ailleurs une zone assez dégagée pour accueillir n’importe quelle soucoupe).<br />
Mais c’était peine perdue : au plus je me forçais à ne pas penser à eux, et au plus leur visage rond et leurs grands yeux noirs dansaient dans ma tête. Je paniquais et me cachait sous les draps, pensant que cela niquerait un peu mes ondes cérébrales, et ainsi n’enverrait pas d’immenses appels de phares à la communauté alien.</p>
<p>JH 11 ANS &#8211;  SUPER TELEPATHE – PENSE A VOUS – DISSECTION GRATUITE – PREMIER VERRE OFFERT – JTM</p>
<p>Je finissais par m’endormir, porté par un mélange d’abandon et de rage – allez-y disséquez-moi bande de connards – révolté que mes camarades ne sachant rien de leur existence puissent dormir tranquillement.</p>
<p>En parcourant Google Images aujourd’hui, on peut voir beaucoup de petits-gris. Mais avec l’image de synthèse, les moyens numériques de retouche, on a gagné en réalisme ce que l’on a perdu en terreur.<br />
Les petits-gris super réalistes (comme celui du film de Roswell) ne me font pas peur.<br />
Ce qui me faisait toujours le plus peur était les PORTRAITS ROBOTS de petits-gris. Genre ça :</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/lam04.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2532" title="lam04" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/lam04.jpg" alt="" width="420" height="301" /></a></p>
<p>Ou celui-ci, absolument affreux, premier portrait révélé de petits-gris, en 1962, sous hypnose, par Betty et Barney Hill :</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/bettybarneyhill62.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2530" title="bettybarneyhill62" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/bettybarneyhill62.jpg" alt="" width="510" height="442" /></a></p>
<p>Une des images de ma collection les plus flippantes représentait une race de petits-gris dite velue :</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/gris-velu-1454b3c.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2531" title="gris-velu-1454b3c" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/12/gris-velu-1454b3c.jpg" alt="" width="179" height="265" /></a></p>
<p>Celui-là me terrorisait. D’autant plus que les livres qui le présentaient précisaient bien que la race velue faisait partie des « plus méchantes ».</p>
<p>Des plus méchantes ??! Pour rappel, un petit-gris ‘normal ‘ vient au pied de votre lit, vous kidnappe, vous emmène dans se soucoupe pour vous ouvrir, et vous enfonce des sondes en métal dans tous les orifices.<br />
Que fait alors le méchant ?  Comment peut-on être plus méchant que ça ?<br />
J’exagère – il y a un geste de gentillesse chez le petit-gris, c’est l’effacement de mémoire, de douleur et la cicatrisation totale. Même si je suis persuadé qu’ils font plus ça pour ne pas se faire pécho que par gentillesse. Anyway.<br />
Cet oubli de l’expérience, c’est ce qui me faisait tenir, et progressivement me détacha de ce hobby des petits-gris.</p>
<p>Après tout, peut-être m’avaient-ils déjà disséqué et violé à la sonde 200 fois, et continuent-ils encore à le faire. Je me disais qu’avec un peu de chance ils finiraient bien pas me greffer des microprocesseur cools, me permettant par exemple de manger à l’infini sans grossir, ou de devenir le meilleur écrivain de la terre.</p>
<p>Résultat : je dois toujours faire attention à mon poids, et j’écris sur un blog. Sales rats de petits-gris.</p>
<p><em>Ce billet est un rebond à l’article de l’ami Loïc, qui a passé une nuit au col de Vence avec un ufologue, <a href="http://www.abstrait-concret.com/2011/12/09/jai-passe-une-nuit-a-traquer-les-ovnis-dans-le-col-de-vence-reportage/" target="_blank">et en a pondu un très beau récit</a>. L’ambiance et les anecdotes m’ont rappelé bien de souvenirs de chasse aux ovnis dans la région, col de Vence, plateau de Caussols, Trans-en-Provence…</em></p>
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		<title>Les partis vus par les partis</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 07:42:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/09/partisparpartis.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2526" title="Les partis vus par les partis" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/09/partisparpartis-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
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		<title>Pierre Coiffure</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Aug 2011 00:07:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mon portefeuille est épais. Malheureusement ce n’est pas dû aux billets ou aux cartes de crédit, mais aux cartes de fidélité de salons de coiffure cannois.
Jusqu’à l’année dernière, aucune de ces cartes n’avait dépassé la deuxième case en visites effectuées. J’ai toujours été un client insatisfait et infidèle.
Jusqu’au jour où j’ai connu Pierre.
La carte de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon portefeuille est épais. Malheureusement ce n’est pas dû aux billets ou aux cartes de crédit, mais aux cartes de fidélité de salons de coiffure cannois.<br />
Jusqu’à l’année dernière, aucune de ces cartes n’avait dépassé la deuxième case en visites effectuées. J’ai toujours été un client insatisfait et infidèle.<br />
Jusqu’au jour où j’ai connu Pierre.<br />
La carte de fidélité de chez Pierre Coiffure, j’en entame la troisième version. Elle a déjà 4 cases tamponnées (dans 6 visites j’aurai -15% sur ma coupe).</p>
<p><span id="more-2512"></span></p>
<p>Je ne fais pas partie de ces personnes qui sont anti salons de coiffure (comme le chanteur « Hugues Aufray »). Je trouve même énormément de charme à ces salons cannois pittoresques, un peu classieux, baignant dans la House Music et qui t’apportent des cafés. J’avoue même prendre beaucoup de plaisir à me faire masser le cuir chevelu par les shampouineuses – la première fois, j’ai cru que la fille me draguait et voulait me le signifier en me massant le cuir. L’attention est d’ailleurs si délicate que même lorsque le massage est pourri, je ferme quand même les yeux en poussant de petits gémissements atones pour ne pas vexer la personne.</p>
<p>Bref. Je n’ai rien contre les salons de coiffure et tout ce folklore très sympathique.<br />
Mon problème principal réside dans ce moment où, après le shampooing, vous êtes installé sur un fauteuil, face à face avec votre reflet, et le coiffeur demande ce que vous voulez.<br />
Il vous demande <em>comment vous souhaitez qu’il vous coiffe.</em><br />
A ma connaissance, le coiffeur est la seule prestation de service AU MONDE où le prestataire vous demande techniquement comment faire son travail.</p>
<p>Mais je n’en ai strictement aucune idée moi, de comment il faut faire pour me coiffer.<br />
Quand je vais chez le garagiste parce que ma Touran est en panne (cela n’arrive jamais mais c’est un jeu d’esprit) le garagiste ne me demande pas après avoir ouvert le capot « Comment je m’y prends, vous voulez que je répare quoi ? ». Je n’en saurais rien. Je voudrais juste que ma voiture roule à nouveau.</p>
<p>Le coiffeur veut tout savoir : comment couper sur les côtés, sur le dessus, agrandir ou rétrécir vos pattes, vous raser la nuque ou pas, désépaissir, égaliser…Mais le problème, c’est que je ne sais pas comment obtenir une coiffure, pour une très bonne raison : je ne suis pas coiffeur.</p>
<p>Moi, je peux parler en termes d’émotions, de gens à qui je veux ressembler, des qualités que je veux faire ressortir par le biais de ma coiffure, des sentiments que je veux qu’elle procure. Je veux parler de la finalité, mais avant de rencontrer Pierre, je ne provoquais que des situations de gène ou de profond malaise en m’exprimant.</p>
<p>-	Je vous coiffe comment ?<br />
-	Alors. Euh. Comment, je ne sais pas, mais je voudrais au final dégager l’impression de quelqu’un à la fois <em>de serein et dynamique.</em><br />
-	Pardon ?<br />
-	Serein…et dynamique…<br />
-	OK, mais comment je vous coiffe.<br />
-	Bon, faites court partout.</p>
<p>Et je faisais le deuil de mes espoirs en voyant la coiffeuse, rassurée, sereine et dynamique, me défricher les cheveux avec entrain sans se poser de questions.<br />
Ma seule consolation consistait, surtout en été, à observer mes mottes de cheveux encore mouillées tomber une à une sur les cuisses nues de la fille. Une des images les plus érotiques de l’univers. C’était comme si je caressais ma tête en pièces détachées sur ses cuisses.</p>
<p>Constamment insatisfait, et accumulant à cause de mes hésitations les records de pires coiffures de la côte d’azur, je changeais de coiffeur à chaque nouvelle coupe, tentant de trouver enfin la perle rare qui aurait su m’écouter et me comprendre.</p>
<p>Et ma persévérance finit par payer. Un jour, par hasard, je suis tombé sur un de ces petits salons de coiffure désuets ne comportant que deux fauteuils en cuir, les murs tapissés de photos d’hommes compensant leurs chemises à motifs eighties avec des coiffures aux brushings insensés.</p>
<p>Ce qui avait retenu mon attention, c’était les livres en vitrine. Oui, la vitrine exposait une petite bibliothèque, décorée de quelques peignes et ciseaux, et on y apercevait un bout de littérature idéale : Joyce, Fante, Brautigan, Bukowski, Stendhal, Proust, Céline, Tolstoï… Ca m’avait impressionné. J’étais rentré. Un homme d’une soixantaine d’années était sorti de l’arrière boutique. C’était Pierre, il était bienveillant et chétif. Il m’avait demandé si je voulais une coupe de cheveux, j’avais répondu oui, il m’avait emmené au shampooing puis shampouiné. Les choses étaient simples. Pas de massage de cuir chevelu, il ne m’avait même pas demandé si l’eau était à la bonne température. L’eau était brûlante. Mais Pierre était peut être de ceux qui ont une théorie au sujet de l’eau brûlante, ça doit peut-être casser le cheveu, le rendre plus facile à coiffer, je n’avais pas à me poser la question. Après tout on est déjà très gâté du fait que se faire couper les cheveux soit indolore, c’est quand même une partie de nous, ça pourrait nous faire mal comme si on nous coupait les dents, imaginez.<br />
Pas de musique non plus. J’entendais le bruit du shampouinage, en réalisant que c’était peut-être la première fois en 30 ans de salons que j’entendais ce bruit.<br />
Pour info, c’est un bruit un peu dégueu et apaisant. Comme si un gars aux vendanges écrasait les raisins avec un poulpe ficelé à chaque pied.</p>
<p>Puis Pierre m‘ a installé dans ce magnifique fauteuil en cuir, a donné quelques coups de pédale pour m’ajuster à sa hauteur, et m’a demandé ce que je voulais.<br />
Une lueur, un éclair, un espoir. J’ai voulu y croire et me suis lancé :</p>
<p>-	Je voudrais être un homme <em>de son temps, et hors de son temps</em>. Dynamique, solide et responsable, mais brillant d’une lueur juvénile, funambule entre une impression de sureté de soi mais aussi de vague rêverie. Cet homme que Nietzsche avait situé au-dessus de ce continuum passé/futur permanent, en poste d’arbitre, de surveillance sereine (excusez-moi je n’ai pas le terme allemand exact). Mais le tout, habité quand même par un grain de folie.</p>
<p>Pierre a réfléchi un instant en faisant claquer ses ciseaux en l’air, puis a dit :<br />
-	OK.<br />
Taiseux, il m’a saisi les cheveux avec souplesse, et m’a coupé trois petites mèches. Puis il m’a retiré la serviette.<br />
-	Voilà.<br />
-	C’est déjà fini ?<br />
-	Oui. Il ne manquait que le grain de folie.<br />
Je me suis regardé dans le miroir. Le résultat était parfait. Pierre avait tout compris. Les 3 petites mèches en moins révélaient exactement ce que j’avais voulu exprimer. J’avais trouvé mon coiffeur. Je l’ai payé avec l’envie de le serrer dans mes bras, je suis sorti dans la rue plein de fierté et d’enthousiasme. Je tenais la carte de fidélité dans la main comme si c’était un porte-bonheur, un de ces bracelets brésiliens de quand j’étais môme.<br />
J’ai même cru apercevoir dans le regard des femmes, des hommes et des enfants une certaine stupéfaction de croiser ainsi dans la rue un homme à la fois dans son époque et hors de son époque, et ce grain de folie qui l’habitait. J’étais heureux.</p>
<p>Dès lors, je suis retourné chaque fois chez Pierre. Je n’avais plus aucune appréhension ni méfiance, je pouvais m’exprimer librement avec mes mots, l’expérience était cathartique et merveilleuse. Parfois Pierre ne coupait que quelques mèches. Et parfois, selon la requête, cela pouvait durer des heures, Pierre transpirait au-dessus de ma tête, s’épongeant régulièrement le front avec un linge blanc, et réfléchissait, tâtonnait, comme s’il était en train de résoudre une énigme mathématique complexe.</p>
<p>J’ai noté dans mon carnet les différentes requêtes que j’ai faites à Pierre depuis le début, pour lesquelles j’ai systématiquement obtenu satisfaction :</p>
<p><em> Mars 2010 : </em>« Un homme qui sait. Mais qui ne se sert pas de ce savoir, pour des raisons liées à l’amour de son prochain. Mais qui peut quand même envoyer de grosses mandales si on le cherche d’un peu trop près ».<br />
<em> Avril 2010 : </em>« Une rock star en début de tournée, juste après avoir découvert la foi chrétienne ».<br />
<em> Mai 2010 :</em> « Pendant la prohibition, un jeune agent du FBI luttant pour faire régner l’ordre et la vérité, mais qui renferme tout de même un lourd secret ».<br />
<em> Juillet 2010 : </em>« Le Périgord Noir. Un jeune scientifique amoureux du terroir, qui séduit toutes les fermières ».<br />
<em> Septembre 2010 :</em> « Le meilleur ami de Morrissey, vous savez, l’ancien chanteur des Smiths ».<br />
<em> Décembre 2010 : </em>« Le fils idéal. »<br />
<em> Février 2011 :</em> « Enfant de la Provence mais enfant de son temps ».<br />
<em> Avril 2011 :</em> « La rockstar chrétienne (conf Avril 2010) »<br />
<em> Juin 2011 : </em>« Ecrivain et Athlète »<br />
<em> Juillet 2011 : </em>« Celui qui ne semble pas s’intéresser à toi, mais en fait qui s’intéresse à toi, veut faire de toi non pas un instrument mais une partition ».</p>
<p>Au fur et à mesure de mes visites, Pierre et moi avions acquis une complicité collaborative impressionnante. Pour « Ecrivain et Athlete », il avait beaucoup galéré. Nous étions sortis du salon à 21h, après 5 heures de travail sur ma coiffure. Tandis qu’il baissait le rideau de fer je lui avais proposé d’aller boire un verre. Nous étions allé boire des bières en silence. Au bout de la troisième bière, Pierre s’était levé, avait enfilé sa blouse et m’avais dit : « Tu sais, je crois que tu es mon client préféré ». J’étais ressorti du pub gonflé d’émotions, avec ma coupe d’écrivain et athlète.</p>
<p>Ce matin, en rentrant chez Pierre, je me sentais prêt à aller encore plus loin. Il m’a shampouiné en silence, je me laissais faire avec patience, mes gestes et mes inclinaisons de tête anticipaient ses gestes, nous formions un vieux couple, une équipe.</p>
<p>Lorsque Pierre m’a installé dans son fauteuil, ciseaux en l’air, il m’a juste interrogé du regard pour connaître ma requête.<br />
Je savais qu’il adorait ce moment. Il était devenu accro aux défis.<br />
Je me suis raclé la gorge, ai regardé Pierre à travers le miroir, et lui ai dit d’une voix très posée :<br />
-	Pierre, je voudrais être un goéland.</p>
<p>Je connaissais assez ses expressions maintenant pour déceler dans son visage, dans le millimètre de sourcil qui venait de se lever, un moment de surprise. Il resta silencieux trois longues minutes, puis déclara :<br />
-	OK.</p>
<p>La coupe de cheveux dura six heures. Il était trois heures de l’après-midi quand je contemplai le résultat après qu’un Pierre épuisé ait réhaussé mon siège.<br />
Le résultat était au-delà de mes espérances. Mes affaires étaient tombées au sol au fur et à mesure de la coupe, mon jean et mes chaussures gisaient, inutiles, au pied de mon fauteuil.<br />
Je me tenais sur mes deux pattes et m’admirais dans le miroir.<br />
J’étais non seulement un goéland, mais surtout le plus magnifique putain de goéland qu’il m’avait été donné de voir.<br />
Pierre a réuni mes affaires dans un petit sac plastique qu’il rangea sous son comptoir. D’un hochement de bec, je l’ai autorisé  à sortir de mon portefeuille les billets pour se payer. Pierre m’a ensuite délicatement saisi pour me poser sur le trottoir. Je l’ai regardé, ai hoché encore du bec pour le remercier, puis me suis envolé.</p>
<p>Pour la première fois, je découvrais Cannes vue du ciel. La ville est petite quand on la survole, en de puissants coups d’ailes j’ai visité tous les recoins de la ville, les quartiers de mon enfance, la place de la castre et le clocher, les plages, la croisette. Le vent épousait mon corps, j’étais vitesse et liberté, je piquais vers la mer. Sans aucun doute l’expérience la plus incroyable qu’il m’ait été donné de vivre.</p>
<p>Puis je me suis posé sur la rambarde d’une suite du Martinez. La fenêtre était ouverte. Un couple se préparait pour sortir. La fille était plus jeune que le mec, une très jolie brune. Le type tapait sur son ordi portable, assis au coin du lit. La fille est rentrée puis sortie de la salle de bains en se mettant une boucle d’oreille, saisit le gars par le bras pour l’arracher de son ordinateur, et ils quittèrent la chambre en claquant la porte.</p>
<p>L’aubaine était trop grande. J’ai sauté de la rambarde et trotté à petits pas vers le lit ou était posé l’ordinateur. Le gars n’avait pas fermé sa session.</p>
<p>Cela fait trois heures maintenant que je tape à l’aide de mon bec. L’épreuve est douloureuse et m’étourdit un peu, mais si je voulais écrire au sujet de Pierre pour mon blog, c’était maintenant.<br />
Le plus chiant n’est pas de taper avec le bec : le plus chiant c’est le pavé tactile. Mes pattes de goéland ne fonctionnent pas dessus. C’est fait pour les doigts humains. Au bout de vingt minutes de tentatives, j’ai finalement trouvé une sorte d’ergot sur ma patte, un peu plus tendre et caoutchouteux, qui marche sur le pavé et me permet de bouger la souris.</p>
<p>Je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de retourner voler. Et je dois trouver un moyen pour dire à ma femme que je serai absent quelques jours. Je ne pourrai pas aller chercher les enfants à l’école.<br />
Je veux savourer cette condition de goéland, au moins jusqu’à ce que mes cheveux repoussent.<br />
Alors ne le prenez pas mal, mais moi je vous laisse. Bande de losers.</p>
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		<title>Xxtreme Klout</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 20:52:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Buzz]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

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		<description><![CDATA[On a beaucoup (re-)entendu parler ces derniers temps de Klout – un site qui attribue des notes d’influences aux utilisateurs les plus zelés de réseaux sociaux. Klout attribue des points non seulement au volume de vos amis et followers, mais également à la diversité des réseaux dans lesquels vous êtes présent, et surtout à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On a beaucoup (re-)entendu parler ces derniers temps de <a href="http://www.klout.com" target="_blank">Klout </a>– un site qui attribue des notes d’influences aux utilisateurs les plus zelés de réseaux sociaux. Klout attribue des points non seulement au volume de vos amis et followers, mais également à la diversité des réseaux dans lesquels vous êtes présent, et surtout à la répercussion qu’ont vos publication auprès de votre communauté (retweets sur twitter, likes sur FB, etc).<br />
Si tout cela est assez amusant, et a drainé à son lancement un flot d’internautes offusqués, je trouve le principe encore insuffisant.</p>
<p><span id="more-2501"></span></p>
<p>Il faudrait créer l’<em>Xxtreme Klout.</em><br />
Un classement Klout qui noterait également la domination physique d’un membre sur l’autre en free fight.</p>
<p>Le principe m’est apparu en assistant à ces clashs sur twitter, qui bien souvent sont lancés d’un côté des belligérants ou des deux par des internautes prompts à la provocation facile et sans répercussions, confortablement vautrés sur leur canapé en mangeant des <em>Granole.</em><br />
XXtreme Klout permettrait à tout participant de défier dans un duel de free fight l’antagoniste de son choix – le tout, bien sûr, si un clash initial a été homologué en amont.</p>
<p>Le comptage des scores serait le suivant :<br />
-	La personne ayant déclenché le duel perd au début du combat 5 points XXtreme Klout (XXK) . Mais elle pourra en récupérer à l’issue du combat, vous allez voir.<br />
-	La personne défiée au duel perd 10 points Klout si elle refuse le combat. On ne refuse pas un duel sur XXtreme Klout. Les clasheurs déserteurs auront un score merdique.<br />
-	Le gagnant du combat gagne 20 points XXK, le perdant 0 points. Ainsi, si la personne ayant lancé le duel perd ce dernier, elle se retrouvera avec -5 points XXK, et si elle gagne ,15 points XXK (20-5).<br />
-	Si le défié perd, il ne perd aucun point, mais si il gagne, il prend ses 20 points XXK.</p>
<p>Ce classement pourrait sauver l’internet et les réseaux sociaux. Les vrais leaders de ce classement devront donc à la fois être populaires, productifs, intéressants, mais également latter la gueule de leurs camarades un grand nombre de fois en free fight et témoigner d’une vraie supériorité physique.<br />
Les gens réfléchiraient à deux fois avant de clasher, car à tout moments ils pourraient s’exposer <em>à se faire casser la gueule.</em></p>
<p>Les combats pourraient être organisés sur une base régulière, à des endroits bien déterminés, comme des bars, des boites de nuits, ou pendant des rassemblements de blogueurs ou influents.<br />
Il y aurait un ring, un minimum d’arbitres, et beaucoup d’ambiance.<br />
Toute la soirée les combats de la semaine s’enchaineraient.<br />
Les blogueurs, journalistes, directeurs de publications, twittos, passeraient les uns après les autres sur le ring. Les duellistes réunis, la cloche sonnerait, ils se tourneraient autour et s’enverraient des mandales, coups de boules ou se lanceraient dans des combats aux sols endiablés pour qu’au final l’un des deux soit K.O.</p>
<p>Quelques FAQ concernant l’XXtreme Klout :</p>
<p><em>Ce classement ne favoriserait-il pas les brutasses championnes de K-1 qui provoqueraient tout le monde et gonfleraient leur score artificiellement en lattant tout le monde ?</em></p>
<p>Non, car l’algorithme de calcul de XXtreme Klout prendra en compte avec la même importance le nombre de followers et la résonnance des publications. Une brutasse belliqueuse serait vite repérée, et unfollowée, donc perdrait la majorité de ses points dans le classement. De plus, pour qu’un clash soit homologué, il faut qu’il soit entretenu par deux personnes. Un duel ne peut pas être lancé gratuitement, il faut que l’autre personne relève.</p>
<p><em>A l’inverse, les utilisateurs pacifiques ne pourraient pas être en haut de classement !</em></p>
<p>C’est un peu vrai. Mais l’algorithme privilégiant tout de même l’impact social, ils n’auront qu’à être un tout petit peu plus zélés et efficace socialement que les fighters pour rester en tête de classement. C’est un peu comme au lycée : si vous n’êtes pas un costaud, il faudra être plus malin que les autres.</p>
<p><em>Les filles pourront-elles participer ?</em></p>
<p>Et comment ! Les clashs de filles donneront lieu à des combats tout à fait distrayants lors des soirées XXtrême Klout. Des blogueuses beautés enragées envoyant d’aériennes béquilles aux attachées de presse, ces dernières saisissant les cheveux des premières avec des cris suraigus : le spectacle sera au rendez-vous !  Les combats mixtes sont cependant interdits : le clashé homme devra désigner une représentante sur l’arène, qui restera la même tout au long de l’année, et inversement pour une clashée de sexe féminin.</p>
<p><em>A quoi ressemblera l’influent XXtreme Klout du 21e siècle ?</em></p>
<p>L’influent du 21e siècle vivra sous la devise « mens sanas in corpore sano ». Il devra non seulement jouir d’un réseau important, publier des choses intéressantes, mais également adopter une hygiène de vie au-delà des normes, et un entrainement physique d’athlète. Souvent provoqué en duels, car influent, il sera un fauve de l’arène, le corps parcouru de cicatrices, tel un vieux lion. Il soulèvera ses contradicteurs de ses bras musclés, sous les hourras du public, et les lancera dans l’azur d’un cri déchirant, qui ne manquera pas de glacer et de dissuader de potentiels futurs clasheurs.</p>
<p><em>Cette nouvelle notation fera-t-elle réellement avancer la société ?</em></p>
<p>Non, mais qu’est-ce qu’on rigolerait.</p>
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		<title>Mon Beau Loulou</title>
		<link>http://www.henrymichel.com/histoire/mon-beau-loulou/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 16:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[Mon beau loulou,
J&#8217;aurais pu te regarder dormir des heures, dans mon lit une place, ta joue posée sur mon oreiller, ta barbe de trois jours, ta main posée sur moi. Je suis sûre que peu de femmes ont vécu l&#8217;expérience que j&#8217;ai vécu ce matin : voir dormir paisiblement un homme dans une chambre dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mon beau loulou,</p>
<p>J&#8217;aurais pu te regarder dormir des heures, dans mon lit une place, ta joue posée sur mon oreiller, ta barbe de trois jours, ta main posée sur moi. Je suis sûre que peu de femmes ont vécu l&#8217;expérience que j&#8217;ai vécu ce matin : voir dormir paisiblement un homme dans une chambre dont les murs sont couverts de posters de lui.<br />
Cette nuit, quand tu as vu ces posters, tu n&#8217;as pas été gêné. Tu as pointé du doigt chacune des photos, tu reconnaissais chacune d&#8217;entre elles, les endroits des concerts, les shootings. J&#8217;aurais pu prendre un marqueur et te le tendre pour que tu signes chacune de ces affiches, mais je ne l&#8217;ai pas fait, car je n&#8217;ai plus peur de te perdre ou d&#8217;être loin de toi maintenant. Tu es là, dans mon lit, et on s&#8217;aime.</p>
<p><span id="more-2491"></span></p>
<p>J&#8217;ai embrassé tes lèvres doucement, pour ne pas te réveiller, ai retrouvé ma culotte, l&#8217;ai enfilée, puis me suis habillée pour sortir. Je porte aussi ma casquette grise de gavroche que tu aimes tant. Je suis sortie car j&#8217;avais besoin d&#8217;écrire, de marquer de mes mots cette nuit dont je me souviendrai toute ma vie. La nuit de notre premier amour.<br />
Si je rentre assez tôt (le jour se lève à peine), je ramènerai des croissants et te réveillerai de mes baisers. Peut-être ferons-nous encore l&#8217;amour. Si tu te réveilles avant mon retour, tu descendras surement de l&#8217;étage et croiseras ma mère dans la cuisine. Quel regret j&#8217;aurais de ne pas assister à cette rencontre avec Maman ! Je voudrais tellement voir sa tête quand elle te verra. Elle comprendra enfin que je ne racontais pas d&#8217;histoires, que je n&#8217;étais pas folle, que tout ce que j&#8217;ai fait ces deux dernières années, je le faisais dans un seul but : qu&#8217;on soit réunis.</p>
<p>Je suis au bout de la jetée de Grand-Fort-Philippe. 59153. Le code magique qui t&#8217;a permis de me retrouver. Je me suis calée dans une de ces gigantesques croix lisses en béton qui constituent la jetée, posées par centaines. Leur nombre me rassure. Je les ai toujours adorées. J&#8217;aime Grand-Fort. De là où je suis, je vois le phare de Petit-Fort-Philippe, noir et blanc, il ressemble à un sucre d&#8217;orge.<br />
Ce phare a bercé mon enfance et mon adolescence. Quand on se promène le long du chenal, là où l&#8217;Aa vient mourir dans la mer du Nord, on ne voit que lui. Il rajoute un peu de gaieté. Pourtant il n&#8217;est pas grand. Mais il est beau.</p>
<p>Deux semaines avant qu&#8217;il ne se tue à scooter, Nicolas m&#8217;avait offert ce tableau de Seurat où l&#8217;on voit le phare (à l&#8217;époque il était encore blanc). Nico me l&#8217;avait offert car à quelques mètres près, Seurat avait peint ce tableau à l&#8217;endroit même ou Nico et mois nous étions embrassés pour la première fois. Il m&#8217;avait promené en scooter dans Grand-Fort, et puis il s&#8217;était arrêté là, le long du chenal, et puis on avait enlevé nos casques pour s&#8217;embrasser.<br />
Et en l&#8217;embrassant je voyais le phare. Puis deux semaines après Nico s&#8217;est tué sur le même scooter, un chauffard l&#8217;a projeté sur dix mètres, une copine m&#8217;a envoyé un texto et il était mort.<br />
Pendant un mois je continuais à lui envoyer des textos alors qu&#8217;il était mort.<br />
Il avait tes yeux mon beau loulou. Il te ressemblait beaucoup. Vraiment beaucoup. Je n&#8217;avais pas fait le rapprochement. Mais hier soir quand tu m&#8217;as embrassée, j&#8217;y ai pensé, j&#8217;ai repensé à Nico, et qu&#8217;il repose en paix. Il doit être heureux de me voir enfin heureuse.<br />
Je ne sais pas si tu connais Seurat, c&#8217;est ce qu&#8217;on appelle du pointillisme. Ce sont ces petits points qui reconstituent le dessin, comme toutes ces croix qui une par une reconstituent la jetée. Je suis un peu comme ça, je suis la somme de tous ces petits moments, ces tentatives pour te rencontrer. Ces joies et ces tristesses mises bout à bout reconstituent ce que je suis aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Deux mois après la mort de Nico, j&#8217;ai reconnu ton premier signal, ton premier message. Tu t&#8217;en rappelles surement, ma star, c&#8217;est ta chanson &#8220;Loin de lui&#8221;. Quand j&#8217;ai ecouté pour la première fois ces paroles, j&#8217;ai manqué de m&#8217;évanouir. Tu savais ce que je vivais, tu pensais à moi et me le faisais savoir :<br />
<em> Malgré toutes tes peines<br />
Depuis ce fameux jour<br />
Baby je viendrai quand même<br />
Te redonner l&#8217;amour</em></p>
<p>Il y a sur Youtube une video où tu chantes cette chanson en live, tu as ce débardeur noir et tu danses comme un Dieu. Et quand tu dis &#8220;amour&#8221; on dirait que tu cherches quelqu&#8217;un dans le public. Je me suis demandé si c&#8217;était moi, mais j&#8217;avais encore des doutes, je me disais &#8220;tu es folle&#8221;. Mais à la sortie du single &#8220;Le Gout de la vie&#8221; j&#8217;ai cessé de douter. Cette fois-ci ton message était plus long :</p>
<p><em>Tu n&#8217;as seulement que 17 ans<br />
Et déjà tu te dis<br />
Que la vie est finie<br />
Laisse-moi babe te redonner<br />
Grâce à mes baisers<br />
Le gout de la vie.</em></p>
<p>Cette fois, il y avait trop de coincidences. J&#8217;avais 17 ans quand la chanson est sortie, tu parlais de mon âge, de mes blessures : je n&#8217;avais plus aucun doute. Non, je n&#8217;étais pas folle ou mythomane ou Dieu sait quoi , tu me connaissais, peut-être via mon skyblog, tu avais lu mon histoire et tu m&#8217;offrais ton coeur.</p>
<p>Dire que je connais cette chanson par coeur est un faible mot. Elle était devenue comme un hymne national pour moi, je l&#8217;avais dans la peau, dans les nerfs, dans le coeur, dans le ventre.  Je me réveillais la nuit en y pensant, j&#8217;étais en sueur, mes reins se creusaient, je devenais sexuelle alors que je ne l&#8217;avais jamais été, même avec Nico.<br />
C&#8217;était la période la plus dure de ma vie. Ma mère me rendait folle, je perdais mes amies. Je collectionnais tout de toi, tout. Tous les magazines, tous les posters, tous les albums, tout. Je m&#8217;étais inscrite sur tous les forums, groupes, sites internets. J&#8217;allais à tes concerts, mais comment te rejoindre dans la foule. Un soir à Belfort on a failli y arriver, j&#8217;étais à la sortie des artistes avec d&#8217;autres fans, quand tu es apparu j&#8217;ai crié ton prénom, mais toutes ces autres connes le faisaient aussi, du coup comme tu étais pressé tu ne m&#8217;as pas reconnue.</p>
<p>Et puis un jour, j&#8217;ai entendu à la télé que tu étais sur twitter, alors je me suis inscrite aussi. J&#8217;ai détesté cet endroit, les gens se moquaient de moi. Mais surtout le nombre de mots y est limité. Alors je devais tailler les mots, les mutiler parce que j&#8217;avais trop de choses à te dire en même temps. Je devenais folle de te croiser, de te voir sans que tu me répondes. Je voulais tout dire,  mes mots étaient des moignons et je remuais mes moignons pour que tu me voies parmi tous ces gens. Je pensais que tu ne me lisais pas&#8230; Je me sentais laide et bête avec cette orthographe déformé au corset comme les pieds de ces japonaises.</p>
<p>Maman a commencé à vouloir me donner des cachets mais je ne les ai jamais avalés. Je les ai donné au chat, pour voir dans quel état ma propre mère souhaitait me mettre. Du coup le chat depuis qu&#8217;il prend mes cachets passe ses journées à la fenêtre, à regarder dehors. Comme s&#8217;il attendait qu&#8217;un truc arrive. Il ne fait rien d&#8217;autre. Que regarder dehors. C&#8217;est ça qu&#8217;elle aurait voulu que je devienne, un légume à regarder le chenal par la fenêtre au lieu de vouloir te rejoindre.</p>
<p>Hier tu passsais à Dunkerque. J&#8217;y étais, bien sûr. Ton spectacle ne contenait que les chansons qui m&#8217;étaient destinées. Tu savais que tu étais près de chez moi et tu voulais me le dire. On ne m&#8217;a pas laissée passer en backstage. Je suis rentrée furieuse et triste, je n&#8217;ai même pas parlé à ma mère en remontant dans ma chambre. Elle avait l&#8217;habitude de ces retours en pleurs. Tout ce qu&#8217;elle aurait pu dire m&#8217;exaspérait de toute façons.</p>
<p>Je me souviendrai jusqu&#8217;au jour de ma mort de ces 3 coups à la fenêtre de ma chambre. Je dormais, j&#8217;ai ouvert les yeux, et ce que j&#8217;attendais le plus au monde était en train d&#8217;arriver. Tu avais escaladé le tilleul de maman, tu étais à ma fenêtre. Tu portais encore ton costume de scène, le débardeur gris, tu avais encore ce khôl aux yeux, tu souriais comme un enfant. J&#8217;ai porté mes mains à la bouche, je pleurais, je riais, j&#8217;étais tellement pétrifiée par la joie et la surprise que j&#8217;ai mis 5 bonnes minutes à t&#8217;ouvrir.<br />
Tu as enfin pu enjamber la fenêtre, et on s&#8217;est pris dans mes bras. Je ne sais pas combien de temps cela a pu durer. 10 minutes ? Une heure ? Deux heures ? Le temps était suspendu. Je te suppliais de me confirmer que ce n&#8217;était pas un rêve. Tu me l&#8217;a promis en m&#8217;embrassant.<br />
Et tu m&#8217;as tout raconté. Le skyblog, mon histoire, mes photos que tu avais découvert, dans un hotel, pendant un soir solitaire de tournée. Ton désir de me retrouver. Tes paroles laissées dans les chansons. Tes problèmes techniques sur twitter qui t&#8217;empêchaient de me répondre, et le virus informatique qui t&#8217;empêchait de m&#8217;envoyer des mails. Tu soupçonnais ton entourage proche de t&#8217;empêcher de me voir. Je t&#8217;ai confirmé que je rencontrais les mêmes réticences de mon côté. Et puis le concert à Dunkerque que tu avais organisé pour me retrouver enfin. Puis mon code postal et mon nom que tu avais su astucieusement retrouver grâce à mon compte twitter.<br />
Tu m&#8217;as parlé, parlé et encore parlé. Tu m&#8217;as rassurée. Nous nous sommes promis de ne jamais se quitter. Nous avons fait l&#8217;amour. C&#8217;était ma première fois, et tu m&#8217;as tout donné. Tu as su estomper mes peurs et me donner le plus grand plaisir qu&#8217;aucune femme n&#8217;ait reçu.</p>
<p>Le soleil s&#8217;est levé. Je vois un petit bateau quitter doucement le chenal pour s&#8217;élancer vers la mer du Nord, quitter Grand-Fort-Philippe pour découvrir d&#8217;autres territoires. Je me sens comme ce petit bateau. Nous partirons ensemble vivre ta vie. Je te suivrai en tournée, discrète mais attentive, je te prodiguerai tous les soins, toute l&#8217;attention, tout l&#8217;amour que tu mérites. A la fin des concerts tu me rejoindras en sueur et nous ferons l&#8217;amour dans les loges. Je suivrai ta vie de voyages, je m&#8217;installerai à Paris avec toi, et on sera heureux pour toujours.</p>
<p>Réponds à ça ma star.</p>
<p>Ton Emilie.</p>
<p>Illustration : Georges Seurat, <a href="http://lh3.ggpht.com/-G9oqm7Oudd8/Scf9nOLfgqI/AAAAAAAAqCs/McmZTW2zcH4/The%252520channel%252520of%252520Gravelines%25252C%252520Petit-Fort-Philippe%252520by%252520Seurat.jpg" target="_blank">Le chenal de Gravelines</a>, Petit-Fort-Philippe (détail)</p>
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		<title>Carnet de Vacances : Périgord, suite et fin.</title>
		<link>http://www.henrymichel.com/perso/carnet-de-vacances-perigord-suite-et-fin/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Aug 2011 16:37:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[perso]]></category>

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		<description><![CDATA[La partie 1 est ici.
Je suis très mal à l&#8217;aise vis à vis des clients des restaus que nous choisissons. Je me sens comme ces gros labradors si intelligents qu&#8217;ils sont gênés de chier dans la rue. Je me sens mal pour eux. Lorsque je n&#8217;avais pas d&#8217;enfants, je ne supportais pas les mouflets qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La partie 1 <a title="Carnet de Vacances partie 1" href="http://www.henrymichel.com/perso/carnet-de-vacances-carcassonne-perigord/" target="_blank">est ici</a>.</p>
<p>Je suis très mal à l&#8217;aise vis à vis des clients des restaus que nous choisissons. Je me sens comme ces gros labradors si intelligents qu&#8217;ils sont gênés de chier dans la rue. Je me sens mal pour eux. Lorsque je n&#8217;avais pas d&#8217;enfants, je ne supportais pas les mouflets qui braillaient au restau. Je trouverais tout à fait légitime qu&#8217;un jour un restaurateur nous chasse à coups de fourches de son établissement  &#8211; d&#8217;ailleurs j&#8217;ai toujours cette peur reptilienne en angle mort quand je mange.<br />
Pour ma défense : on ne peut pas dire que nous cachons notre jeu à l&#8217;arrivée dans le restau. Je pense qu&#8217;un petit orchestre tzigane bien chaud ferait moins de pagaille que mon couple, mes marmots, ma fille gueulant d&#8217;avance, mon fils tapant déjà le pain des voisins, la poussette que je traine et plie en sueur sur la terrasse, cul à l&#8217;air. On donne le ton, et ce sera ça non-stop pendant un heure si tout le monde est en forme.</p>
<p><span id="more-2477"></span></p>
<p>C&#8217;est pour ces raisons que dès ce jour 3, nous abandonnons définitivement toute ambition gastronomique. Ca enlève beaucoup de stress. On trouve un restau en bord de Dordogne, idéal, aucun client en terrasse, chaises et tables plastiques, un toboggan à côté, et un patron sosie d&#8217;Elvis.</p>
<p>***</p>
<p>&#8220;La Guinguette du Pont de Vicq&#8221;</p>
<p>Menu Enfant A</p>
<p>Faux-Filet Frites A<br />
Viande parfaitement cuite.</p>
<p>Salade César A-<br />
Une bonne surprise. Enfin une bonne utilisation du balsamique. Bons copeaux de parmesan. Aiguillettes de poulet chaudes et croustillantes, qui ont un tout petit peu abîmé la salade à cause de la chaleur.</p>
<p>Coupe de glace B</p>
<p>***</p>
<p>J&#8217;ai fait un rêve politiquement très troublant. J&#8217;étais en Dordogne, dans des bureaux, et je rencontrais François Fillon qui voulait me confier un rapport à écrire. Je ne me souviens pas du titre exact, mais il m&#8217;avait filé un cahier imprimé qui expliquait tout ce que je devais faire, et c&#8217;était écrit genre XVIIIe-XIXe siècle, le papier, les typos.<br />
Le titre de mon travail à rendre était du genre &#8220; <em>Physionomie type des jeunes filles et des jeunes hommes en fonction de leur département de naissance </em>&#8220;. Mais dans le rêve le titre était encore plus drôle et plus XVIIIe, plus navigateur, genre &#8220; <em>Physionomie des jeusnes filles ainsi que des jeusnes hommes eut égard du département de France du Roy ou icelles et iceux sont nés </em>&#8220;.<br />
Méganazi, comme principe. Mais en même temps, la démarche m&#8217;excitait d&#8217;un point de vue littéraire, même si je ne me sentais pas vraiment capable d&#8217;effectuer une telle tâche. J&#8217;étais juste attiré par le fait de titrer des pages &#8220;La Normande&#8221; et de me lancer sur un délire descriptif plein d&#8217;envolées et de pulls angora trop serrés.</p>
<p>Mais méganazi quand même. Pire que le truc sur l&#8217;identité nationale. Dresser une &#8220;physiognomonie&#8221; à la Charcot des jeunes femmes et des jeunes hommes de chaque département français. Cela n&#8217;a pas de validité scientifique. ET POURTANT, encore ancré quelque part dans le cerveau des garçons et des filles.<br />
Si un garçon parle de sa dernière conquête à un ami, en mentionnant le département d&#8217;origine de la demoiselle, il y aura toujours une réaction.</p>
<p>- J&#8217;ai passé la nuit avec une fille cette nuit. Une Lorraine !<br />
- AAAAAAH LES LORRAINES ! (suivi d&#8217;un clin d&#8217;oeil complice).</p>
<p>- Une Corse.<br />
- HAAAANN LES CORSES !  (suivi d&#8217;un clin d&#8217;oeil complice).</p>
<p>- J&#8217;ai couché avec une Périgourdine.<br />
- UNE PERIGOURDINE, ECOUTE-MOI CA ! LA CO-QUINE !(suivi d&#8217;un clin d&#8217;oeil complice).</p>
<p>Bref, vous m&#8217;avez compris. Mais je n&#8217;étais pas sûr que les intentions de Fillon soient les mêmes.<br />
En même temps, je me disais qu&#8217;un travail aussi scandaleux aurait pu tomber entre de bien pires mains que les miennes.<br />
Je comptais bien ne pas pratiquer de langue de bois, voire même redonner à la France d&#8217;Epinal ses belles couleurs métissées. Je n&#8217;aurais pas hésité à placer quelques belles Marianne départementales de descendance algérienne ou capverdienne, ou d&#8217;autres belles métisses des îles en blasons de pays français. Je l&#8217;aurais fait, ç&#8217;aurait choqué, mais j&#8217;aurais tenu bon.</p>
<p>Ils m&#8217;auraient peut-être abattu. En me jetant dans un trou avec mon manuscrit. La terre recouvrant ma gueule contrariée, faisant encore tourner les pages de mon travail, et avant la motte finale, une dernière ligne aurait été lisible par mon fossoyeur. Quelque chose comme :<br />
<em> &#8221; La Normande a, qu&#8217;elle soit gracile ou dodue, de solides mollets qui lui feront préférer en toutes circonstances les ballades à pied plutôt qu&#8217;en calèche &#8220;.</em></p>
<p>***</p>
<p>Nous avons visité le gouffre de Proumeyssac. Avant de vous moquer, sachez que c&#8217;est une merveille spéléologique comme il y en a peu en France. Un spéléologue culte dont j&#8217;ai oublié le nom a baptisé l&#8217;endroit &#8220;La Cathédrale de Cristal&#8221;.<br />
C&#8217;est une gigantesque caverne souterraine, effectivement grande comme une église, reliée à la surface par un étroit conduit naturel.<br />
L&#8217;endroit est superbe, il y a des minilacs d&#8217;une eau cristalline et gorgée de calcaire. La caverne a également le bon gout de posséder des stalactites ET des stalagmites, m&#8217;évitant l&#8217;humiliation auprès de ma fille de devoir différencier les deux. Il suffit de faire un geste vague en direction des pics qui montent et qui descendent en disant &#8220;regarde ma chérie, des stalactites et des stalagmites&#8221;.<br />
La caverne a été découverte en début de siècle par un puisatier assez courageux pour descendre le trou formé en son sommet, nommé &#8220;le trou du diable&#8221; au fil de plusieurs siècles de superstitions.</p>
<p>Le guide qui nous accompagnait a très bien raconté les superstitions liées à ce trou mystérieux et exhalant la vapeur. Quand un guide est bon, cela me stresse car je sais qu&#8217;à la fin de la visite il faut lui filer un pièce, et je n&#8217;ai jamais de liquide sur moi dans ces moments-là. Parcontre, quand il s&#8217;agit de passer le portique de sécurité à l&#8217;aéroport, vous pouvez être sur que je suis blindé de pièces.<br />
Donc je n&#8217;ai pas bien écouté toute la première partie de récit du guide concernant la formation géologique du bazar, trop occupé à chercher un euro dans les 12 poches de mon short camo. Le gars ressemblait à Henry Bicaise de <em>Palmares Magazine</em>. Ce garçon doit être périgourdin, je le dirai à Fillon.</p>
<p>La deuxième partie du récit me fascina. Le trou menant à la caverne rendait les gens dingues, à plusieurs reprises ils tentèrent de le boucher ou de le couvrir par des voutes. Certains avaient vu même sortir du feu de l&#8217;orifice ( ce qui n&#8217;est pas possible ).<br />
Le meilleur passage concerne le XVIIIe siècle, durant lequel les brigands qui détroussaient les gens en contrebas, sur la route menant à Sarlat, jetaient leurs victimes vivantes dans le trou. Il faut imaginer la chute dans le noir total, sur plus de cinquante mètres, et l&#8217;aterrissage tête en avant sur les stalactites/stalagmites. C&#8217;était gore.<br />
Ainsi, quand le puisatier descendit le gouffre dans sa nacelle, éclairé par une simple bougie, il ne se posa pas sur le sol naturel de la caverne mais sue un gigantesque amoncellement d&#8217;ossements, de crânes et d&#8217;immondices entassés là depuis des siècles.</p>
<p>On en regretterait presque que les premiers concessionnaires touristiques du gouffre aient retiré ce charnier avant de le faire visiter. D&#8217;autant plus qu&#8217;avec les coulées d&#8217;eau calcaire, les crânes et les squelettes se seraient pétrifiés en un magnifique monolithe macabre qui aurait trôné au milieu des lacs cristallins, des stalactites &amp; stalagmites.</p>
<p>Le guide termina son discours par quelques explications géologiques de premier ordre. Ma fille, silencieuse jusqu&#8217;ici, se tourne alors vers moi et demande :<br />
&#8220;Est-ce que les chats savent qu&#8217;ils sont des chats ?&#8221;<br />
Classique. Je ne me choque pas un instant de l&#8217;absence totale de rapport avec notre visite, et lui réponds qu&#8217;ils doivent s&#8217;en rendre compte par élimination. Ce qui les rapprochent, c&#8217;est qu&#8217;ils ne se sentent ni souris, ni chiens, ni poissons, ni humains.</p>
<p>***</p>
<p>Sarlat, très belle cité médiévale, où La Boétie est né. Pluie torrentielle néanmoins. On a vu un mime Charlot brandir son majeur à un groupe d&#8217;anglais. On a vu également la troupe de théâtre médiéval la plus ivre de France. Les gars faisaient des pauses de cinq minutes toutes les deux phrases, et savaient manier l&#8217;épée comme moi. Malaise dans le public.</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/08/malaisie.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2478" title="malaisie" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/08/malaisie.jpg" alt="" width="600" height="381" /></a></p>
<p>A moins que ce ne soit une PARFAITE reconstitution de nos armées de l&#8217;époque. Ce qui expliquerait pourquoi la guerre de Cent Ans a duré au moins cent ans.<br />
La bonne nouvelle c&#8217;est qu&#8217;on a trouvé quand même un bon restau.</p>
<p>***</p>
<p>Restaurant &#8220;La Petite Borie&#8221;</p>
<p>Soupe de bienvenue à l&#8217;ail &#8211;  B</p>
<p>Tranche de Foie Gras &#8211; A+<br />
Un peu petite, j&#8217;ai du me la faire en 3 minutes. Bon verre de Montbazillac.</p>
<p>Gambas et Noix de Coquilles St Jacques &#8211; B<br />
Oui, ma femme est capable de commander des gambas dans le Périgord. &#8220;Parce que j&#8217;en ai marre des viandes&#8221;. Les célèbres gambas du Périgord. On les voit, ces grands chalutiers remontant la Dordogne, les filets pleins de gambas. Bref. Il n&#8217;y avait pas de coquilles St Jacques dans l&#8217;assiette alors qu&#8217;elles étaient inscrites dans le menu. Visiblement, mauvais arrivage des pêcheurs locaux. Du coup, on gueule avec passion et la gentille serveuse, un physique typique de périgourdine, nous unlocke un fromage blanc gratis pour ma fille, qu&#8217;avec grand enthousiasme elle ne mangera pas.</p>
<p>Filet de boeuf Rossini avec son foie gras poelé &#8211; A-<br />
Ca c&#8217;est moi. Un &#8220;-&#8221; pour la température, le bazar est un peu tiède. Délicieux quand même, pommes de terre à la sarladaise perfect.</p>
<p>Menu enfant B<br />
Steack haché trop cuit &#8211; classique.</p>
<p>Fondant au chocolat ) B+</p>
<p>Feuilleté maison aux pommes caramélisées et crème fouettée &#8211; A+</p>
<p>Fromage blanc unlocké &#8211; B+<br />
Le côté offert rajoute beaucoup de saveur à ce fromage de pays.</p>
<p>***</p>
<p>On rentre à la maison. Neuf heures de route. Tout le monde est crevé, les gamins mettent moins d&#8217;enthousiasme à gueuler. La grande joue à l&#8217;ipad et le petit déchire ma carte d&#8217;électeur avec la véhémence d&#8217;un Conti. Sur neuf heures de dépiautage, ça fait beaucoup de morceaux.</p>
<p>Mon téléphone reprend ses couleurs et sa 3G alors que nous entrons dans les Alpes Maritimes. J&#8217;ai envie d&#8217;embrasser chaque Varois qui me coupe la route.</p>
<p>Je m&#8217;apprête à dire &#8220;à bientôt&#8221; à ma femme du GPS Touran. Je sens sa voix plus triste, plus chargée de doute. Nous avons eu un début de mois d&#8217;Aout compliqué, fusionnel et chargé de changements d&#8217;itinéraires. On sait qu&#8217;on se croisera un peu moins, le séjours et les semaines qui viennent. Mais on sait qu&#8217;on se retrouvera bientôt. On sait qu&#8217;on se veut tous les deux. On se fera une belle et longue route ensemble, avec plein de périodes prolongées.</p>
<p>***</p>
<p>Fillon n&#8217;aurait pas du confier la mission à un mec comme moi, mais plutôt à un trapéziste de cirque. Ces gars-là parcourent toute la France en permanence, sont magnifiquement foutus et doivent avoir une fille dans chaque ville.</p>
<p>CONCEPT DE SERIE TELE<br />
Suivre la vie d&#8217;un trapéziste de cirque, une histoire d&#8217;amour par village et par épisode. Ca s&#8217;appellerait &#8220;Le Trapéziste&#8221;.</p>
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		<title>Carnet de Vacances : Carcassonne, Perigord.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Aug 2011 07:49:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
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***
J&#8217;ai du mal à dissimuler un certain trouble érotique pour la femme de mon nouveau GPS. Je n&#8217;ai jamais ressenti ça pour la précédente, celle de mon vieux Garmin. La nouvelle femme du GPS est arrivée dans mon Touran tout neuf. Elle était là dès le premier démarrage. Par extension poétique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>JOUR 1  : Carcassonne</p>
<p>***</p>
<p>J&#8217;ai du mal à dissimuler un certain trouble érotique pour la femme de mon nouveau GPS. Je n&#8217;ai jamais ressenti ça pour la précédente, celle de mon vieux Garmin. La nouvelle femme du GPS est arrivée dans mon Touran tout neuf. Elle était là dès le premier démarrage. Par extension poétique, c&#8217;est un peu la voix de mon Touran, qui serait une fille. UNE Touran. Une sorte de K2000 qui sentirait le cul à chaque épisode.</p>
<p><span id="more-2471"></span></p>
<p>Celle-ci est soumise-agressive. Elle a de drôles d&#8217;expressions, qu&#8217;elle prononce de sa voix détachée. Je me demande quelle fut la vie de la comédienne ayant donnée sa voix à cette femme du GPS &#8211; ses études, dans quelle ville elle a grandi, sa première fois, ses chagrins d&#8217;amour, son quotidien. Mais je ne fais pas de transfert érotique, je ne pense pas tant que ça à l&#8217;actrice-voix, je pense à la femme du GPS.</p>
<p>Elle est autoritaire, mais pas trop. La Garmin était une bitch absolument détachée de ma vie, une relation agressive à ce point ça ne m&#8217;intéresse pas. Je veux qu&#8217;on me roule des pelles entre les coups de martinet. Ma femme Touran est autoritaire, mais pas trop. Elle dit : &#8220;Dans 200 mètres, tournez à droite, s&#8217;il vous plait&#8221;. Lire entre les lignes : s&#8217;il ne vous plait pas, vous pouvez faire ce que bon vous semble, je ne suis pas là pour vous faire chier plus que cela&#8221;.</p>
<p>Mais j&#8217;aime en même temps sa fermeté. Quand il s&#8217;agit de tourner, même s&#8217;il me plait de tourner, elle répète au moment opportun : &#8220;Tournez maintenant&#8221;. Mon coeur en palpite. COME ON. Ne sois pas si coquine avec moi, femme du GPS, ma propre épouse est à coté de moi, elle a posé ses jolies jambes sur ton tableau, tu exagères, merde, comment oses-tu me dire là, comme ça, plein haut-parleurs &#8220;Tournez maintenant&#8221;, avec cette rigueur mêlée de tendresse ?</p>
<p>Même tonalité lorsqu&#8217;elle me dit &#8211; une de ces phrases nimbées de mystère &#8211; &#8220;Maintenant, roulez pendant une période prolongée&#8221;. Seriously ? Jamais la Garmin ne me disait des trucs comme ça. Y&#8217;aurait eu 200 km d&#8217;autoroute en ligne droite, jamais elle ne m&#8217;aurait prévenu que la période serait prolongée. J&#8217;aurais pu rouler comme un con à croire tous les 50 mètres qu&#8217;une instruction allait arriver. La Touran, elle, tient à me prévenir. Elle me masse un peu les deltoïdes en me disant ça, puis le cou, elle approche ses lèvres de Touran à mon oreille et chuchote : &#8220;Prépare-toi mentalement. Tu vas rouler pendant une période prolongée. Bon courage, à tout à l&#8217;heure. Et permets-moi de te dire que je t&#8217;aime&#8221;.</p>
<p>La Garmin s&#8217;énervait très facilement lorsque je me gourrais de direction. Elle gueulait, elle pétait un cable dans le haut-parleur en beuglant  &#8220;RECALCUL D&#8217;ITINERAIRE EN COURS&#8221;, avec un ton exaspéré qui laissait plutôt entendre &#8220;PFFFF RECALCUL D&#8217;ITINERAIRE POUR CE GROS BOULET EN COURS&#8221;.<br />
Ma GPS Touran, elle m&#8217;aime assez, elle a assez de considération pour recalculer l&#8217;itinéraire sans me le signaler. Elle me dit de tourner à gauche, je tourne à droite exprès, je trace, elle ne se démonte pas, y&#8217;a une barre de chargement qui avance, elle dit rien et me propose le nouvel itinéraire comme si de rien n&#8217;était. Une femme GPS qui te suit, te tient la main et te regarde avec les mêmes yeux amoureux quelques soient les décisions que tu puisses prendre au volant. Je suis sûr que si je faisais voiture bélier dans une banque, elle ne perdrait pas son aplomb. Elle me dirait calmement de faire demi-tour parce que les flics arrivent. Je ferais marche arrière et repartirais à tombeaux ouverts, l&#8217;arrière de la caisse croulant de billets de 500, je jubilerais, cigare aux lèvres, elle serait ma Bonnie, me susurrant entre deux baisers de tourner à droite dans 300m en direction de la D54.</p>
<p>***</p>
<p>Carcassonne est une horreur. Un chateau fort rempli de restaurants et de touristes. Mais rempli à craquer. Quand vous arrivez de loin, c&#8217;est à peine si vous ne les voyez pas déborder du truc et tomber des murailles, c&#8217;est juste insensé.</p>
<p>L&#8217;expérience est plus intense avec deux enfants de 2 et 5 ans et une poussette. Ce sont deux âges, et un écart d&#8217;âge, parfaits pour vous détruire le cerveau de l&#8217;intérieur, tuer votre couple, vos tibias, toute idée de sexualité en vacances, toute envie imprévue. Ils se complètent. Ca me rappellent un docu sur les gladiateurs que j&#8217;avais vu, il y en avait un avec un filet qui vous bloque et vous envoye des coups de tridents et de tatane en loucedé pendant que l&#8217;autre vous termine à coup de glaive. C&#8217;est un peu pareil. La fonction de l&#8217;ainée est de nous ralentir et de nous empêtrer l&#8217;esprit avec des mindfucks réthoriques complètement dingues &#8211; de type &#8220;qu&#8217;est-ce qui se passerait si les ponts n&#8217;existaient pas ?&#8221;. Le second est un finisseur, sa spécialité étant de liquéfier les cerveaux avec un cri suraigu en début, fin et milieu de soirée. Cela ne correspond pas à un échelon temporel humain, de type &#8220;toutes les demi-heures&#8221;, non, c&#8217;est une fréquence algorythmique qui se base surement sur les moments de calme, car j&#8217;ai remarqué qu&#8217;il aimait bien hurler quand tout le monde était calme.</p>
<p>Bien sûr, j&#8217;adresse là un salut poli aux connards qui me diraient &#8220;c&#8217;est pour attirer l&#8217;attention&#8221;. On avait compris. Merci. Oui c&#8217;est pour attirer l&#8217;attention, oui, connard, on avait compris.</p>
<p>Visite hypra lente en poussette de toutes les devantures de restau, tout parait très commercial, pizzas pâtes, on sent vaguement qu&#8217;on finira là-dedans mais on fait semblant de se battre un peu.</p>
<p>Ma femme et moi passons devant un bar à vin magnifique, sous des treillis de feuille, les gens boivent des pintes sous le soleil couchant dans ce jardin ombragé, on crève d&#8217;envie de lâcher les mains de nos gosses et d&#8217;y aller, ensemble, boire et rire jusqu&#8217;au milieu de la nuit avec une troupe de théatre hollandaise. Laisser les gamins dans la rue vivre leur propre vie, ils trouveront bien un art de rue qui puisse plaire aux touristes, une petite chorégraphie à base de cris et de questions débiles, les belges adoreraient.</p>
<p>Bref on termine dans un restau que j&#8217;ai choisi dans un sursaut d&#8217;orgueil, y&#8217;avait une pancarte Gault et Millau assez récente, ça pouvait faire la blague.<br />
Globalement pas bon MAIS une chose à noter, assez rare quand même, même étonnante : tous les clients étaient très beaux. C&#8217;est à dire qu&#8217;il devait y avoir douze tables, tout le monde était beau, beau visage, jolies filles, jolis garçons, c&#8217;était troublant. Mes enfants était beaux, ma femme étant très belle et moi beau gosse futur vieux beau,  loin de nous sentir exclus, nous nous sentons assez fiers d&#8217;en être. Tout le monde se regardait d&#8217;ailleurs d&#8217;un air assez éberlué. Je n&#8217;entendais pas car mon fils criait, mais j&#8217;imagine bien à ce moment les gens dire &#8220;c&#8217;est incroyable comme on est tous beaux&#8221;.</p>
<p>***</p>
<p>Restaurant du Plo, Carcassonne.</p>
<p>Salade de Foie de Volaille B+<br />
De beaux foies, pas terriblement cuits, salade correcte.</p>
<p>Faux-Filet en grillade C-<br />
Une viande complètement grasse de partout, immangeable, trop cuite, une honte pour la France et les bovidés.</p>
<p>Menu Enfant A+<br />
Steak haché bien cuit (rare pour les menus enfants) et pomme de terres ok.<br />
Nous n&#8217;avons commandé qu&#8217;un menu enfant. Nous ne commandons jamais rien pour mon fils de deux ans. Avant de juger, prenez connaissance de cette regle : un plat commandé pour des enfants n&#8217;est jamais consommé. Nous commandons pour ma fille juste pour que les gens n&#8217;appellent pas la Dass d&#8217;un air offusqué. Elle n&#8217;en mangera que le tiers. Mon fils préfère manger la bouffe de ses parents et des autres clients. Il se démerde, il choppe des croutons, des frites, des bouts de tomate, une fois il a ramené un petit merle encore vivant.</p>
<p>Cassoulet Royal C-<br />
Hyper moyen, liquide, chiasseux, pas pratique à bouffer.</p>
<p>Tarte aux pommes D-<br />
Même pas du Picard.</p>
<p>On est tous ressortis un peu moins beaux et un peu plus pauvres de ce restaurant. On quitte la ville tongs à tongs avec le flot de touristes. Ma femme finit de m&#8217;achever en m&#8217;informant que Carcassonne avait été complètement reconstruit au 19e siècle. Même pas médiéval. Envie de crier l&#8217;info au mégaphone devant tous les restaus.<br />
&#8220;EN PLUS C&#8217;EST MEME PAS MEDIEVAL !&#8221;</p>
<p>JOUR 2</p>
<p>Le Périgord Noir</p>
<p>***</p>
<p>Un amoncellement de fonds d&#8217;écrans Windows XP, vallées d&#8217;un vert pur, beauté stupéfiante des reliefs, des routes, des arbres, richesse totale.<br />
Je tweete que tout cela me rappelle la corse dans cette perfection dans le rapport fond/forme. Le Périgord est vraiment magnifique.</p>
<p>Parcontre, pays de l&#8217;Edge. EDGE UNE BARRE selon les coins. Pas de Wifi dans le chambre d&#8217;hôtes ou nous dormons. PAS DE WIFI. Je redécouvre cete vitesse ultralente, qui m&#8217;oblige à réfléchir à deux fois avant d&#8217;ouvrir un mail, et à qui répondre. Mine de rien l&#8217;hyperconnectivité nous rend méga tolérants avec les gens, on répond indistinctement aux amis et aux connards. Ce retour à l&#8217;EDGE fait disparaitre cette approche holistique, il faut maintenant prendre des décisions, faire un tri pami les gens pour élire ceux qui nous intéressent vraiment ou à qui l&#8217;on tient.</p>
<p>***</p>
<p>Ma femme me parle du Perigord,  de sa richesse préhistorique, des premiers hommes qui l&#8217;ont habité, Lascaux, etc, et me dit qu&#8217;on appelle le coin &#8220;La Vallée de l&#8217;Homme&#8221;. Beaucoup de sexisme dans ce nom. Moi j&#8217;appelerais ça Vallée de la Femme, avec toutes ces rondeurs, ces beaux nichons de colines en chateaux, ces vallées décolletées, ces torrents fertiles, cette chaleur moite. Les maisons sont toutes à tomber par terre, en pierre, il parait que les anglais kiffaient mais ne viennent plus trop en acheter, les vaches sont incroyables, méga musclées, énormes, des pis comme ça, des boeufs avec des couilles et des mollets géants, des biquettes übercute, tout n&#8217;est que caricature. On se baigne dans la Dordogne ou dans la Vezere, moi enfant de la mer je ne suis pas habitué à cette eau douce, à ces courants, ces fonds boueux un peu dégueu. Mais il y a quelque chose de plus primal à se baigner dans l&#8217;eau douce, c&#8217;est frais et pas désagréable. Des petits noirs en slip jouent au foot au bord du lac sous le soleil couchant, Copacabana périgourdin.</p>
<p>***<br />
Des familles font du vélo, des randonnées, du canoe. Les trois en même temps, parfois. Jamais je ne ferai ça de ma vie mais je respecte. Je voyais bien dans les dépliants Queshua à Décathlon que des gens faisaient ça, mais je n&#8217;avais jamais vu ça en vrai. En file indienne, faire des randonnées et tout. Le père porte souvent un bouc.<br />
Ma femme a moi avons encore en nous cette flamme de rébellion qui nous interdirait de nous lever tôt pour faire des randovélo Décathlon, mais en même temps, nous n&#8217;avons aucune organisation réelle pour proposer une alternative.</p>
<p>Notre stratégie en vacances consiste principalement à échouer un plan A, se retrancher sur un plan B bien plus cool mais trop tard dans la journée pour en profiter vraiment. Les journées ne sont donc ni réussies ni ratées &#8211; on se dit que du plan A, on en rira dans dix ans. Je pense que les années 2020 vont être une sacrée source de poilade.</p>
<p>***</p>
<p>Restaurant du Parc</p>
<p>Une belle catastrophe. Clientèle re-moche et familles anglaises.</p>
<p>Carpaccio D-<br />
Mal décongelé en son centre</p>
<p>Menu Enfant B-</p>
<p>Faux filet de ma femme B-<br />
Le faux filet n&#8217;a pas été fait avec ma femme, mais avec un boeuf PUIS servi à ma femme</p>
<p>Saumon Grillé C<br />
Quitte à mal manger, j&#8217;ai décidé de ne pas en grossir.</p>
<p>Point positif : immense étendue de verdure ou les enfants pouvaient courir et tomber à loisir. Ma femme et moi avons tenu une conversation pendant 26 minutes d&#8217;affilée sans interruption. Nous étions très émus.</p>
<p>***</p>
<p>Type de films à tourner dans le Périgord : trucs de randos, slacker movies, cabin fevers et alt., polars terriens , grandes sagas familiales (&#8221; Tu n&#8217;auras jamais le manoir Bellanger, Roustaud ! JAMAIS, TU ENTENDS ?!&#8221;).</p>
<p>IDEE DE SCENARIO : LA FAILLE<br />
Un prof d&#8217;histoire bogoss de 30 ans en se promenant dans la forêt découvre une faille spatiotemporelle qui l&#8217;emmène au même endroit, mais en pleine deuxième guerre mondiale, genre 1944. Il revient dans le présent mais se rend compte que ça l&#8217;a dupliqué, son premier &#8220;lui&#8221; était resté dans la forêt, comme si la faille avait &#8220;photocopié&#8221; son  corps puis l&#8217;a ramené dans le présent.</p>
<p>Il profite de l&#8217;aubaine et se duplique deux-trois fois pour se permettre de vivre plein de vies à la fois. Le premier compte retourner avec sa femme, le second monter à Paris pour pécho des twitasses et se coller des races, le troisième rentrer aux ordres etc&#8230;<br />
Mais un petit bataillon nazi a suivi le héros dans la faille, apparait en 2011 dans la forêt, revient en 1944 et se rend compte qu&#8217;il s&#8217;est dupliqué. Il profite de l&#8217;aubaine et fait plein d&#8217;aller-retours pour  devenir une gigantesque armée de nazi, et revient dans la forêt de 2011 pour tuer tout sur son passage.<br />
Le héros, en bon catholique, veut régler ce truc tout seul, se duplique à donf dans la faille pour former une armée de lui-même et affronter, avec une armée de lui, la superarmée nazie. Sa connaissance de l&#8217;histoire lui permet de mieux connaitre les défauts stratégiques des nazis, et par le biais de nombreuses astuces et de pièges ingénieux dans la forêt, remporte le combat (de nombreux moments d&#8217;humour ponctuent le film avec les pièges).<br />
La fin est énorme. Alors que l&#8217;armée du héros et de ses versions alternatives savourent sa victoire contre les nazis, un d&#8217;entre eux prend son arme et tue un par un toutes ses versions de lui-même pour éviter tout bordel par la suite. Le film se termine sans que l&#8217;on sache quelle version du héros est restée.</p>
<p>***</p>
<p>Aquarium du Périgord Noir. Le plus grand aquarium. D&#8217;europe. En eau douce.<br />
J&#8217;y ai notamment appris que la carpe était vraiment un bestiau dégeulasse, et que les silures pouvaient atteindre jusq&#8217;à 5 mètres de long !<br />
Ce qui m&#8217;a surtout marqué de cet Aquarium c&#8217;est sa brochure. On y voit une famille type, et surtout un père totalement suractif en explications, montrant du doigt plein de trucs sous le regard émerveillé de sa famille. La mère est ravie/soumise, et ne regarde absolument pas ce que montre le père. Seul le fils a capté et semble regarder avec beaucoup d&#8217;enthousiasme ce que montre le père. La fille est complètement out of the frame, elle est dans son truc.<br />
Ca m&#8217;a mis une pression terrible. Je suis sensé faire le lead de la visite, pointer du doigt les trucs et expliquer ? Des poissons d&#8217;eau douce en plus ? Je n&#8217;y connais rien en poisson d&#8217;eau douce, en plus en visite je suis du genre à trainer le pas, ou à finir 30 minutes avant tout le monde, mais je déteste être dans le groupe, je ne peux m&#8217;empêcher de faire des réflexions cyniques aux questions des enfants des autres. Et là, de voir ce père pointer du doigt, sûr de lui, ça m&#8217;angoisse.<br />
D&#8217;autant plus que si l&#8217;on s&#8217;offre complètement à la lecture de la photo, le père semble pointer quelque chose de bien concret : un putain d&#8217;esturgeon qui nage au-dessus de sa famille ! Le doigt à cinq centimètres, pointant tranquillement l&#8217;esturgeon !</p>
<p>Mais en faisant la visite je me suis vite rassuré. Des panneaux videos interactifs, un peu en hauteur, expliquaient le nom du poiscaille, ce qu&#8217;il mangeait, d&#8217;où il venait, etc. Je n&#8217;ai même pas eu à les regarder. A la moindre question de ma fille ou d&#8217;un gamin, je prenais cet air enthousiaste, pointait du doigt en l&#8217;air, comme ce père sur la brochure, en disant &#8220;T&#8217;as qu&#8217;à lire, feignasse, c&#8217;est écrit là&#8221;.</p>
<p>***</p>
<p>Les noms de villes dans cette région sont complètement improbables. On dirait de l&#8217;écriture automatique, comme des captcha, l&#8217;impression que les noms de villes se forment sur les panneaux au moment ou ma voiture passe. J&#8217;aurais juré entendre pouffer de rire la meuf du GPS Touran lorsque j&#8217;ai saisi &#8220;La Bugue&#8221; comme destination d&#8217;arrivée.</p>
<p><a href="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/08/20110806-094818.jpg"><img class="alignnone size-full" src="http://www.henrymichel.com/wp-content/uploads/2011/08/20110806-094818.jpg" alt="20110806-094818.jpg" /></a></p>
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		<title>Mini Spotify Party</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Jul 2011 18:24:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music]]></category>

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		<description><![CDATA[Allez, c&#8217;est le week-end, quelques playlists qui vont bien vous règler la hauteur de selle.
BBCIFY - tout simplement les playlists spotify de CHAQUE émission de CHAQUE station de la beeb &#8211; ou presque. Des heures d&#8217;écoute qui valent le coup.
 BBCIFY
EASTBOUND AND DOWN ANTHOLOGY - Concoctée par votre serviteur, et encore en cours de mise à jour, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Allez, c&#8217;est le week-end, quelques playlists qui vont bien vous règler la hauteur de selle.</p>
<p><span id="more-2463"></span><strong>BBCIFY -</strong> tout simplement les playlists spotify de CHAQUE émission de CHAQUE station de la beeb &#8211; ou presque. Des heures d&#8217;écoute qui valent le coup.<br />
<a href="http://www.bbcify.co.uk/" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> BBCIFY</a></p>
<p><strong>EASTBOUND AND DOWN ANTHOLOGY</strong> - Concoctée par votre serviteur, et encore en cours de mise à jour, la playlist de la soundtrack des saisons 1 &amp; 2 de la série de HBO. Ca pue l&#8217;Amérique à bière et le Mexique à tequila, tout simplement.<br />
<a href="http://open.spotify.com/user/henrymichel/playlist/2xQ1LlfiTSsv45UAZPDJow" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> EASTBOUND AND DOWN ANTHOLOGY</a></p>
<p><strong>MUSIQUE DE PIZZERIA </strong>- la désormais célèbre playlist all&#8217;italiana pétrie par amour par Mr Victor.<br />
<a href="http://open.spotify.com/user/djvittorio/playlist/7hhU2qDZUKUSKMdhgYOCay" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> MUSIQUE DE PIZZERIA</a></p>
<p><strong>FILLES RELAX DE A à Z</strong> &#8211; Exercice de style par @marivaudages &#8211; de A à Z, 26 chanteuses vous accompagnent pour l&#8217;apéro.<br />
<a href="http://open.spotify.com/user/marivaudage/playlist/14XTQ8YpLJ0pD4dECubO8C" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> FILLES RELAX DE A A Z</a></p>
<p><strong>MY SLEEPING SCHEDULE IS FUCKED </strong>- La taulière Claire a mitonné la part II de sa playlist estivale, ça casse de la rondelle dans le garage (règle de Brandt-Wagner : n&#8217;importe quelle expression inventée convient pour qualifier une playlist)<br />
<a href="http://open.spotify.com/user/tenoot/playlist/1MGzzUp9hADcIjppVHZEwZ" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> MY SLEEPING SCHEDULE IS FUCKED</a></p>
<p><strong>SUPERMARKET LOVE &#8211; </strong>Nos amis ambidextres du <a href="http://www.letagparfait.com" target="_blank">Tag Parfait</a> tombent amoureux toute les semaines. On a droit à une nouvelle playlist fort bien montée &#8211; de quoi bien vous sécher le Gaspacho (Brandt-Wagner)<br />
<a href="http://open.spotify.com/user/gui-m/playlist/2djxruuM6Uz5o64bdCq20Q" target="_blank"><img src="http://www.henrymichel.com/spotify_icon16.png"/> SUPERMARKET LOVE</a></p>
<p>Enjoy !</p>
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		<title>Catch-Up : Luther</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jun 2011 10:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Henry Michel</dc:creator>
				<category><![CDATA[tv]]></category>

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		<description><![CDATA[Si vos séries viennent de s&#8217;achever, et qu&#8217;en attente des démarrages estivaux vous recherchez ardemment de nouvelles choses à voir, Luther, série de la BBC feat. Idris Elba (Stringer Bell dans The Wire), est une pioche énorme. Allez-y les yeux fermés. La Saison 2 commence incessamment sous peu.

Il ne faut pas pitcher, ce serait réducteur. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vos séries viennent de s&#8217;achever, et qu&#8217;en attente des démarrages estivaux vous recherchez ardemment de nouvelles choses à voir, <strong>Luther</strong>, série de la BBC feat. Idris Elba (Stringer Bell dans The Wire), est une pioche énorme. Allez-y les yeux fermés. La Saison 2 commence incessamment sous peu.</p>
<p><span id="more-2451"></span></p>
<p>Il ne faut pas pitcher, ce serait réducteur. Aussi réducteur que résumer The Wire en une série policière dans laquelle des policiers arrêtent des trafiquants de drogue.<br />
A ce petit jeu, disons que Luther est un inspecteur de la crim&#8217;, plutôt violent et caractériel. Qui vient de se faire larguer, plutôt méchamment. Et qui a affaire à des tueurs, plutôt en série.</p>
<p><object width="600" height="371"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/YWcCAQmxrQc?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/YWcCAQmxrQc?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="371" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Saison à l&#8217;anglaise, 6 épisodes. 6 épisodes, 6 méchants remarquablement écrits, cruels, dur à chopper. Des acteurs superbes. Idris Elba quant à lui, colossal &#8211; bien qu&#8217;à mon sens toujours un peu surestimé &#8211; son perso de Stringer Bell a un côté intellectuel que l&#8217;acteur n&#8217;a pas vraiment quand on l&#8217;entend parler en ITW. C&#8217;est la valeur ajoutée des scenarios. Comme Joel Mc Hale qui joue Jeff Winger dans Community d&#8217;ailleurs. On s&#8217;attend à le voir aussi cool que dans la série, le type n&#8217;est pas drôle du tout dans la vraie vie. Son émission The Soup! sur E est même assez consternante. Au contraire de Donald Glover, lui vrai talent comique.</p>
<p>Bref. Idris Elba joue avec efficacité de la force qu&#8217;il dégage, toute en retenues/explosions, et a même parfois des airs Stalloniens.<br />
C&#8217;est une série immanquable, impeccable, qui arrive d&#8217;une trame de polar basique à dégager de nouveaux rapports de force entre gentil et méchant, et qui parvient à réinventer, après Dexter, après The Shield, après 24h chrono, un nouvel anti-héros qui déchire.</p>
<p>Trailer de la S2.</p>
<p><object width="600" height="371"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/bmy62bTeakg?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/bmy62bTeakg?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="371" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>Allez-y de ma part. Je rembourse si vous n&#8217;êtes pas satisfait.</p>
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