Archive for the ‘réseaux’ Category

Les Joies de la Patterne.

Monday, March 23rd, 2009

La Patterne, c’est la représentation mentale que je me fais de ma Friendlist.

Lorsque je modifie mon statut sur Facebook, ou émets un message général, je cible inconsciemment mon message à ce Grand Tout que représente ma Friendlist.
Durant les 30 secondes pendant lesquelles je rédige mon statut, je n’ai bien sûr pas le temps de passer au filtre de chacun de mes amis la pertinence de mon message. Pour éviter cette étape laborieuse, je confronte mentalement mon message à la réaction de la Patterne.
(more…)

Black-Out Hadopi: Thème Wordpress et dates

Saturday, February 28th, 2009

Suite à mon article sur le Black-Out Anti Hadopi, les réponses ont été nombreuses et vous êtes beaucoup à partager l’avis d’une journée noire déterminée précisément, durant laquelle cette fois-ci le black out serait total et le plus collectif possible.

(more…)

Black-Out Français ou Backlink Party ?

Thursday, February 26th, 2009

hadopi

Si le mouvement français anti-hadopi ne radicalise pas un petit peu sa démarche et son discours avant le 4 Mars , le grand blackout francophone préconisé par la quadrature du net ne sera qu’une backlink party tristement cynique.
(more…)

Ode au Spam

Friday, February 1st, 2008


(licence cc-by-nc-sa photo by Steve Longus)

Je ne me suis jamais lassé des spams, et chaque spam que je reçois mérite de ma part une lecture attentionnée, par respect pour les auteurs.
Pour constamment créer l’attrait, les spams changent très souvent d’accroches, de contenus, et même de formes, de champs lexicaux, de typographie. Pour échapper aux systèmes anti-spams, les mots eux-mêmes sont déformés (par exemple, VIAGRA est écrit VIIARGA ou VI*GR*), et les résultats de ces trouvailles sont des œuvres surréalistes et souvent teintées d’humour.
Les spams sont presque toujours rédigés en anglais et je pense souvent aux pauvres gars qui sont censés les écrire, c’est pour moi des types inventifs et drôles.

Etant plus jeune, j’avais souvent manifesté l’envie de faire ce job, mais je n’avais pas vraiment su à qui m’adresser. Rédacteur de spam demande de l’abnégation et de la créativité, comme ces romanciers sans succés qui finissent par écrire des fausses lettres dans Union.

Les spams tournent globalement autour du sexe (élargir son pénis – rencontrer des filles faciles – bien bander et longtemps) et des finances (un super crédit vous est accordé dans que vous n’ayez jamais rien demandé – un diplomate Nigérien aimerait bien mettre à l’abri dans votre compte en banque deux ou trois milliards de dollars s’il vous plait).

Les gens se plaignent énormément des spams, mais je vais vous dire, c’est de la pure hypocrisie ! Jamais aucun mail privé ou professionnel que j’ai pu lire dans ma vie n’a eu le dixième de la poésie, du dépaysement et du possible-enveloppé d’un spam.
90% des français connectés au web passent leur temps à s’envoyer des conneries de mails en chaîne (cette petite fille mourra de la lèpre si vous ne transférez pas ce mail à 5 pigeons), de photos rigolotes (une voiture pulvérisée accompagnée de sa légende – « encore une blonde qui a fait un créneau ! ») ou de jeux débiles en powerpoint dénigrant d’une manière ou d’une autre les patrons, les femmes, les flics, les belges, les arabes, sarkozy, les juifs ou vous-même si vous ne faites pas partie de ces 6 premières catégories.

Et ces mêmes français font la fine bouche parce qu’ils recoivent ces petites capsules de rêve embarqué, guillerettes et semées de points d’exclamation.
Ce que je préféres dans les spams, c’est la connivence – l’auteur feint de vous connaître et vous fait culpabiliser de l’avoir oublié.

« Hey, salut toi ! C’est Mitch ! Cela fait longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles. Je viens de tester un nouveau produit qui m’a fait grossir le sexe de 20 centimètres. Incroyable ! Essaye le dès maintenant pour seulement 75$ sur le site xxxxxx.com ! »

La vie ne serait elle pas magnifique si nous n’avions que des copains comme Mitch, ne s’embarrassant pas de dialogues futiles et allant droit au but rien que pour votre bien-être ?

Salut bébé, c’est Lindsay. Désolée pour ce long mutisme mais j’ai changé d’adresse mail. Moi et mon amie Tracy on va sûrement faire les coquines tout l’après-midi dans la chambre. J’ai installé une webcam pour que tu puisses en profiter sur wwxwwww.com !

Cher Henry,Cela fait plusieurs semaines que nous essayons de vous contacter. Votre demande de crédit a été approuvée à 100%. Vous pouvez donc profiter de 400.000$ dès maintenant. Merci de valider vos coordonnées bancaires pour le virement à l’adresse xhxhxhxh.com

Mitch est heureux. Lindsay est enthousiaste et croque la vie à pleines dents. Et je viens d’obtenir quatre cent cinquante mille dollars de crédit sans rien demander.

Les spams sont de petits paquets de fantasmes coulant à flots continus dans ma boite mail. Chacun d’entre eux sont un possible en devenir.

Voilà pourquoi je n’ai jamais activé les filtres antispam – accepter de mettre en route ces machins c’est tout simplement exclure toute possibilité qu’un jour votre vie puisse prendre un tournant considérablement plus enchanteur, par le biais d’une pommade amincissante ou d’un crédit monumental.

Technorati Tags: ,

Seesmic killed the radio stars.

Thursday, January 10th, 2008

Seesmic

(cc-by-nc-sa Lloyd Davis)

Ma Grand-mère qui était une dame de bon sens me disait toujours “lorsque on te file une invit pour un site en version beta, aie toujours la politesse de donner ton avis sur le site en question, sinon ça n’aura servi à rien”.
Je vais donc donner à mon humble niveau mes premiers retours sur Seesmic, le site de conversations video créé par le french tycoon Loïc Le Meur. L’invit’ m’a été donnée va Twitter par Loïc himself, qui a du me confondre avec quelqu’un d’autre, ou bien était-il ivre, quoi qu’il en soit je m’étais emparé immédiatement du code, ne demandant pas mon reste, m’enfuyant en boitant comme Quasimodo et reniflant l’invite toute une journée dans la pénombre d’un placard.
Au bout de 24h, personne n’ayant tapé à la porte pour me réclamer le code indu je me suis inscrit sur Seesmic.

L’expression embellie, apparence débraillée.
Seesmic est à la fois le projet le plus en phase avec la société actuelle et le plus rétrograde. En phase car on connait maintenant l’importance de l’image, de la video, de l’échange, de l’embarquement et de la portabilité de la video.Un tas de sites en parleront bien mieux que moi.

Mais quand on y pense seesmic est également trés rétrograde, car l’expression filmée, c’est à dire une expression orale (à l’exception de msiou ;) ), et donnée à voir, demande beaucoup plus de mots, de tautologies, de redondances, pour se faire comprendre. Tandis que le blogging, le micro blogging, le SMS favorisent une expression simplifiée, et affinée de la moindre redondance inutile, voilà qu’il faut maintenant parler, et faire des phrases.
D’un point de vue un peu moqueur, on pourrait faire la comparaison suivante :

EN CHAT
A – Hey komen va ?
B – ava ^^
A – Kewl.
B – kthxbye.

16 secondes montre en main.

SUR SEESMIC
A – “Salut B, c’est A, bon je voulais savoir si ça allait pour toi, donc n’hésite pas à me répondre;..voilà… A+”
B – “Salut A, he bien merci pour ton message, moi ça va plutôt pas mal !”
A – “Salut B, bonne nouvelle alors. A+”
B- “Bon, je dois y aller, je vais donc éteindre la camera, a bientôt alors, A+ A”

1 minutes 30, quatre clics, 3 minutes d’attente entre chaque intervention si l’interlocuteur est rapide, ce qui nous fait 10 minutes 30 :)

Ils faut donc parler, se faire comprendre, prendre le temps de parler, et se donner à voir en train de parler. Etre à l’aide avec ces 4 principes.

Beaucoup d’utilisateurs sont trés à l’aise avec cet exercice, et ont de véritables conversations, suivies, chorales, sur seesmic. Certains sont parcontre tellement à l’aise qu’on assiste souvent à un festival de débraillés assez phénoménal.
Palme d’or pour les types avachis dans leurs fauteuils, pas rasés/coiffés/lavés, un bout de pizza aux coins des lèvres, qui répondent au thread comme si un gars derrière les y obligait avec un flingue.

J’ai lu quelque part que Loïc comparait Seesmic à un gigantesque pub, ou l’on entamerait des conversations parfois légères, parfois plus profondes, avec des inconnus. La comparaison est assez juste, sauf que lorsque je sors au pub, je fais l’effort de me mettre une noix de gel ou de me ranger la mèche. Bon parfois je peux me laisser un peu aller, mais je mets au moins un blouson pour sortir.
Quelquefois la posture des gars me choque. Il faut être super à l’aise avec son ego (ou ne pas en avoir) pour se filmer dans un tel état de décontraction.

Un service qui ne donnera son sens qu’en public version
C’est peut-être une vérité vraie, mais celle-ci est particulièrement vraie pour Seesmic.
Je pense que le contenu est les utilisateurs doivent se racailliser, se diversifier, se densifier. C’est de la pluralité des contenus, de la profusion, de l’apparition de talents à cette discipline nouvelle, que Seesmic ne se révèlera pas comme une partition bien écrite mais comme un véritable instrument.
Pourquoi n’y poster que des conversations d’ailleurs ? Pourquoi ne pas y voir plus de productions, short films, animations, sketchs, morceaux de musique ? Pourquoi seulement des répliques, des dialogues clos, ou le décor est tellement récurrent et mononotone que l’aventure est de montrer la pièce d’à coté (dédicace à la belle ambiome et sa cuisine).

Youtube a fait son succés sur les videos illégales, inédites, les trucs borderline, postés pour la gloire, pour la beauté du clic, pour la polémique, pour le buzz. Pas pour les réponses vidéos des utilisateurs (qui en disent souvent plus long sur l’état de l’amérique que n’importe quelle vidéo de Michael Moore et consorts).

Seesmic manque de “gueules”. Je pense qu’un bon bloggueur ne fait pas automatiquement un bon seesmiqueur, et que cela deviendra intéressant lorsque des talents naitront de seesmic et par seesmic, ils ne seront bons qu’à ce media là, et en feront quelque chose de formidable.
Blacklotops.Vinvin.1938media. Je remarque que les seuls utilisateurs de seesmic que je “followe” sont des gueules, qui amènent une valeur ajoutée en video. Ils ont un regard, une expression. Là on rajoute du sens.

Pour parler de 1938media et de Loren Feldman (pour suivre l’histoire reportez-vous à ce post d’Ouriel Ohayon) , je fais partie de ceux qui pensent que Loren a fait plus que n’importe qui pour la popularité de Seesmic. La critique de seesmic et le bannissement de la France a été un épisode hilarant, ses vidéos étaient guettées, courtes, mal écrites, mais drôles et acides.
En voilà une gugusse, en voilà un gars parfaitement fait pour ce support. Messages courts, parfaitement oralisés, regard vissé à la caméra, impact.

Je remarque que ma lecture du site est plus celle d’un spectateur que d’un acteur de ces conversations dans seesmic. J’ai peu regardé et beaucoup suivi, j’ai même effacé les quelques videos que j’avais faite. Pourquio ne suis-je pas rentré dans les conversations ? Je me pose la question à voix haute, n’attendez pas une réponse, hein.

De bonnes features request dans le pipeline
Quand à l’interface de seesmic, son utilisation, les défauts constatés, ils sont globalement les mêmes pour la grande majorité des users et figurent en bonne place dans les “features requests” du site : moteur de recherche d’utilisateurs ou de threads (complètement d’accord), simplification de la lecture des threads (indispensable à l’avenir, quand il y aura 100 fois plus d’utilisateurs), j’insisterai aussi pour l’intégration de direct messages, qui là correspondraient peut-être plus à mon usage.

Comment conclure ? Lorsqu’on arrive sur la page de seesmic il y a quelque chose d’excitant. Ce site apporte une indéniable nouveauté, il a l’ambition de devenir une plateforme, un media, une communauté, il veut tout à la fois. Je me sens incapable de prédire son avenir. J’ai hâte que ses barrières soient grandes ouvertes, et que l’utilisateur canaille s’en empare, que la garden party entre invités polis se transforme en Glastonbury. Power to the masses !

Technorati Tags: , , , , ,

Facebook Vs Second Life ? Ben non.

Saturday, January 5th, 2008

FaceBookAyant une place active dans Second Life (SL) depuis Mai 2006 (pour suivre mes pérégrinations second lifienne, rendez vous sur The Second Blog), et goûtant aux joies de FaceBook (FB) depuis plusieurs mois, j’ai détecté quelques points communs aux deux plateformes.
De manière assez amusante, certains amis détracteurs de Second Life s’adonnent sur FB aux mêmes vicissitudes sans forcément s’en rendre compte.
Quels points communs ont ces deux univers ?

Vous n’y êtes pas vous même.
L’avatar de Second Life est une version rêvée et sublimée de l’utilisateur – mais pas beaucoup plus que le profil que l’on se peaufine sur FaceBook. Le choix des photos, des galeries, des applis et des phrases de statuts subliment tout autant une réalité bien moins sexy. Un ami me disait réçemment : dans un certain milieu professionnel (on va dire pour rester vague les “agences”), non seulement facebook est devenu un outil important, mais presque pour certains le dernier espoir auquel s’accrocher :

Des crevards rayés du métier se donnent l’air ultra débordés, d’autres qui ont prix 20 kilos en deux ans postent leur photo de mariage, l’important est de montrer qu’on est là tout en travaillant à bloc, mais pas trop quand même pour ne pas faire trop “salarié”, le but est de se montrer travailleur ET dispo sur facebook sans avoir l’air addict. Sauf si quelqu’un dit qu’il est addict, là on le suit en disant qu’on est aussi addict. Mais si personne ne le dit faut pas le dire.

Bref, le gazier sur facebook, c’est une représentation virtuelle. Une valorisation de soi même.
Et le succés des réseaux dits sociaux tient surtout de ça. De la désespérante envie des gens d’être valorisés, rassurés. De la peur panique d’être ignorés.

C’est un Time-Waster.
Il y a tout autant préoccupant que les “No-life” addicts aux MMORPG, ce sont les attachées de presse désoeuvrées, graphistes noctambules, consultants nerveux, politiquards du social networking, qui passent les trois quarts de leur existence sur Facebook. Certains d’entre eux s’étaient déjà amusés sur Myspace avec pas grand chose – en comparaison, sur Myspace, à part poster un com entre deux pubs clignotantes, il y avait peu de moyens d’emmerder son interlocuteur.

Ces addicts-là de Facebook se funwallent les uns les autres, s’envoient des vidéos de blondes, des quizz, des commentaires vagues (on ne sait jamais à qui ils s’adressent exactement), checkent leur message box toutes les deux minutes. Pour le coup, je donne raison à ceux qui avaient évoqué très tôt FaceBook comme un Os, un système d’exploitation. Pour simplifier un cadre de vie : sur le web, c’est là que certains font caca , pipi, mangent, lisent leur mail. C’est leur maison.

On y flirte.

Certains détracteurs de Second Life s’amusaient à dire qu’il est difficile d’y passer 5 minutes sans y être racolé pour de l’argent ou pour de la drague. Facebook subit le même sort, de manière plus softcore, mais tout autant intense. Are you flirtable, kiss kiss, tirelipinpon, dis moi la vérité dans l’honesty box, compare moi avec les gens, bisous bisous dans le cou, des milliers d’applis nous submergent tous les jours mettant en scène des jeux cliniques et glaciaux de flirt interposé.
Le plus petit dénominateur de relation est le poke. Le poke est au sexe ce que le ping est à la connexion internet : une fonction phatique, de rappel de liaison, are you there, do you love me, je te poke. Il y a d’ailleurs, par Dieu sait quel miracle, une dimension physique palpable du poke. Le you have been poked n’est jamais, jamais innocent. De grands gaillards aux cheveux gris et costume cravatte pokent tous les jours avec des conservatrices de musée sur facebook.

On pourrait y dire des trucs intéressants, mais non.
Ca a été ma grande surprise dans Facebook, et je crois que la situation n’évoluera jamais, peut être à cause de l’interface, ou du système d’invitations. Je pensais qu’à l’instar de Myspace, ou d’une solution plus évoluée de blogs, il y aurait de vrais échanges, de vrais déballages de gouts, de passions, plus d’applications tournées vers l’intime. Certes, quelques utilisateurs postent leurs morceaux préférés, ou leurs photos, bien sur, mais la grande majorité des échanges sur Facebook reste d’une vacuité à s’évanouir : ces mêmes personnes qui pourraient se suicider devant VideoGag envoie à la pelles des video Youtube tartes à la crème, ou des jpeg à transférer en masse pour la joie de tous.
Il y a très peu de personnes que je connais mieux grâce à FaceBook. Ce qui n’était pas le cas avec Myspace, ce n’était pas seulement du à la customisation des sites. Quand je rentre dans le myspace d’un copain, je peux passer une bonne demie heure à écouter ses sélections, j’ai vraiment l’impression d ‘être dans une annexe de son appart.
Je n’ai pas eu cette impression sur FaceBook. Métaphore suprême, à enregarder les applications les plus installées et partagées, on se vampirise, on se zombise.
Tiens, je te touche, et toi aussi, maintenant, tu es vidé de ton sang. Envoie des vids de blondes avec moi sur Facebook.

Vous avez remarqués d’autres similitudes de ce type, sur Facebook, vous ?

Technorati Tags: , , , ,