Ayant une place active dans Second Life (SL) depuis Mai 2006 (pour suivre mes pérégrinations second lifienne, rendez vous sur The Second Blog), et goûtant aux joies de FaceBook (FB) depuis plusieurs mois, j’ai détecté quelques points communs aux deux plateformes.
De manière assez amusante, certains amis détracteurs de Second Life s’adonnent sur FB aux mêmes vicissitudes sans forcément s’en rendre compte.
Quels points communs ont ces deux univers ?
Vous n’y êtes pas vous même.
L’avatar de Second Life est une version rêvée et sublimée de l’utilisateur – mais pas beaucoup plus que le profil que l’on se peaufine sur FaceBook. Le choix des photos, des galeries, des applis et des phrases de statuts subliment tout autant une réalité bien moins sexy. Un ami me disait réçemment : dans un certain milieu professionnel (on va dire pour rester vague les “agences”), non seulement facebook est devenu un outil important, mais presque pour certains le dernier espoir auquel s’accrocher :
Des crevards rayés du métier se donnent l’air ultra débordés, d’autres qui ont prix 20 kilos en deux ans postent leur photo de mariage, l’important est de montrer qu’on est là tout en travaillant à bloc, mais pas trop quand même pour ne pas faire trop “salarié”, le but est de se montrer travailleur ET dispo sur facebook sans avoir l’air addict. Sauf si quelqu’un dit qu’il est addict, là on le suit en disant qu’on est aussi addict. Mais si personne ne le dit faut pas le dire.
Bref, le gazier sur facebook, c’est une représentation virtuelle. Une valorisation de soi même.
Et le succés des réseaux dits sociaux tient surtout de ça. De la désespérante envie des gens d’être valorisés, rassurés. De la peur panique d’être ignorés.
C’est un Time-Waster.
Il y a tout autant préoccupant que les “No-life” addicts aux MMORPG, ce sont les attachées de presse désoeuvrées, graphistes noctambules, consultants nerveux, politiquards du social networking, qui passent les trois quarts de leur existence sur Facebook. Certains d’entre eux s’étaient déjà amusés sur Myspace avec pas grand chose – en comparaison, sur Myspace, à part poster un com entre deux pubs clignotantes, il y avait peu de moyens d’emmerder son interlocuteur.
Ces addicts-là de Facebook se funwallent les uns les autres, s’envoient des vidéos de blondes, des quizz, des commentaires vagues (on ne sait jamais à qui ils s’adressent exactement), checkent leur message box toutes les deux minutes. Pour le coup, je donne raison à ceux qui avaient évoqué très tôt FaceBook comme un Os, un système d’exploitation. Pour simplifier un cadre de vie : sur le web, c’est là que certains font caca , pipi, mangent, lisent leur mail. C’est leur maison.
On y flirte.
Certains détracteurs de Second Life s’amusaient à dire qu’il est difficile d’y passer 5 minutes sans y être racolé pour de l’argent ou pour de la drague. Facebook subit le même sort, de manière plus softcore, mais tout autant intense. Are you flirtable, kiss kiss, tirelipinpon, dis moi la vérité dans l’honesty box, compare moi avec les gens, bisous bisous dans le cou, des milliers d’applis nous submergent tous les jours mettant en scène des jeux cliniques et glaciaux de flirt interposé.
Le plus petit dénominateur de relation est le poke. Le poke est au sexe ce que le ping est à la connexion internet : une fonction phatique, de rappel de liaison, are you there, do you love me, je te poke. Il y a d’ailleurs, par Dieu sait quel miracle, une dimension physique palpable du poke. Le you have been poked n’est jamais, jamais innocent. De grands gaillards aux cheveux gris et costume cravatte pokent tous les jours avec des conservatrices de musée sur facebook.
On pourrait y dire des trucs intéressants, mais non.
Ca a été ma grande surprise dans Facebook, et je crois que la situation n’évoluera jamais, peut être à cause de l’interface, ou du système d’invitations. Je pensais qu’à l’instar de Myspace, ou d’une solution plus évoluée de blogs, il y aurait de vrais échanges, de vrais déballages de gouts, de passions, plus d’applications tournées vers l’intime. Certes, quelques utilisateurs postent leurs morceaux préférés, ou leurs photos, bien sur, mais la grande majorité des échanges sur Facebook reste d’une vacuité à s’évanouir : ces mêmes personnes qui pourraient se suicider devant VideoGag envoie à la pelles des video Youtube tartes à la crème, ou des jpeg à transférer en masse pour la joie de tous.
Il y a très peu de personnes que je connais mieux grâce à FaceBook. Ce qui n’était pas le cas avec Myspace, ce n’était pas seulement du à la customisation des sites. Quand je rentre dans le myspace d’un copain, je peux passer une bonne demie heure à écouter ses sélections, j’ai vraiment l’impression d ‘être dans une annexe de son appart.
Je n’ai pas eu cette impression sur FaceBook. Métaphore suprême, à enregarder les applications les plus installées et partagées, on se vampirise, on se zombise.
Tiens, je te touche, et toi aussi, maintenant, tu es vidé de ton sang. Envoie des vids de blondes avec moi sur Facebook.
Vous avez remarqués d’autres similitudes de ce type, sur Facebook, vous ?

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