Archive for the ‘actu’ Category

Paul Durutti est un monstre.

Wednesday, June 1st, 2011

Lantier traversa la cellule de campagne, contourna les gens, les desks, enjamba les caisses de tracts avec sa fluidité fauve de danseur, touchant l’épaule de chacune des femmes désignées, un mot à l’oreille, discrétion. Certaines prirent leur calepin – « pas besoin » disait-il soucieux. Il termina son petit manège dans le brouhaha des sonneries et des conversations. Elles étaient 7 en tout. (more…)

Chouette App

Thursday, July 22nd, 2010

Pour Midi Festival, qui commence Vendredi, on a développé une chouette appli iphone en partenariat avec la société californienne MobileRoadie.

C’est une appli simple et sans prétention, et qui n’a rien d’un gadget. On y trouve un player de morceaux des artistes programmés, leur bio. On peut acheter leurs albums via Itunes Store. On peut trouver facilement les deux sites de concerts avec google maps. Y’a un Fan Wall, sorte de twitter interne à l’app, pour poster des questions, des remarques ou des photos. Y’a le programme des concerts, on peut dire qu’on aime, et pour ceux qui n’auront pas la chance de venir ce week-end à l’évènement, ils pourront suivre ces live tweets, photos, et même des flux ustreams qu’on tournera pendant l’évènement. Vous pouvez la télécharger ici, elle est gratuite, et il vous faut pour l’instant l’OS4.

J’avais remarqué la société MobileRoadie via l’appli du Midem, qui m’avait vraiment séduite par sa simplicité. En quelques mois la boite est devenue  grosse. Leur solution, qui permet de créer une app iphone comme l’on crée un blog , via une interface d’administration hyper simple, est absolument géniale. Ils la vendent comme des petits pains.
J’avais donc tapé à la porte du boss, Michael Schneider, un jeune gars busy mais sympa. Il a tout de suite compris quel était le Festival, qu’on n’était pas gros, pleins d’ambitions et d’envies par rapport au web, et passionnés. Il a été ok pour nous faire une très grosse ristourne sur les frais de développement, ce qui a permis l’application possible. Le hasard a fait que l’accord s’était conclu à Cannes, pendant sa présence au Mip – d’ailleurs, dépourvu d’accrédit pour rentrer au Palais des Festivals, mon dernier recours avait été de pousser un appel à l’aide sur twitter. Une twittos bossant à la Warner, que je ne connaissais pas, me donna le tel d’une collègue qui pourrait me dépanner pour deux heures en me filant l’accredit d’un technicien. Me voilà donc passant la barrière des vigiles de l’entrée, avec un pass de la Warner, orné de la photo d’un gars plus mince que moi d’une vingtaine de kilos, pour rencontrer 20 minutes un californien fabriquant des apps. Le tout entre midi et deux, dans un univers à mille lieux de mon vrai travail de la vraie vie.

Cécile Duflot de retour des Maldives après 18 mois de traversée en pédalo

Wednesday, January 6th, 2010

De notre envoyé spécial à Nancy, 5 Octobre 2011

« On ne peut pas aller aux Maldives en pédalo ». Cette phrase, prononcée avec ironie il y a deux ans de cela, Cécile Duflot l’assume d’un demi-rire. Il faut dire que la jeune candidate d’Europe Ecologie ne partage plus beaucoup de point communs avec ce qu’elle était en Janvier 2010, revenant alors d’un voyage en avion aux Maldives qui fit scandale. La peau tannée par près de 18 mois de traversée à travers trois continents, le corps considérablement aminci, des bras fins et musclés à peine dissimulés par un sari indien, Cécile Duflot est une autre femme.
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1958-2009

Friday, June 26th, 2009

michael

Hadope Photoshop

Thursday, April 9th, 2009

xzibalbanel

Je vais bosser pour Morandini

Wednesday, April 1st, 2009

Je peux enfin officialiser une nouvelle énorme pour moi-même et l’avenir de ce site, nouvelle qui date pourtant de plusieurs jours : à partir du 7 Avril, je vous retrouverai, en plus de ce site, sur le site www.jeanmarcmorandini.com
En effet, cela fait bientôt quinze jours que je suis en pourparlers avec Jean-Marc qui a visité et apprécié mon site ( grâce d’ailleurs à un papier de bienbienbien, que JMM lit quotidiennement).  Il a particulièrement , m’a-t-il dit par skype (iRL il est assez timide), “aimé mon humour et mon ton décalé”.

Je suis allé le visiter à Paris la semaine dernière et une fois passé les mesures de communication un peu insolites, je l’ai trouvé vraiment très pro et très sympa.
En effet le “cérémonial” était particulier : je n’ai pas pu lui serrer la main ni le regarder dans les yeux. De plus, il m’a été demandé de ne répondre que par des questions.
Enfin, nous étions dans deux pièces séparées par une vitre, et nous parlions par Skype.
L’entretien était donc je dois l’avouer un peu surréaliste mais au bout de quelques minutes l’ambiance s’est détendue.

JMM – Alors, ça vous plairait de tenir une rubrique “Internet/Geek” sur mon site ?
MOI – oh..oui…
L’assistant me regarde en fronçant des sourcils et trace un point d’interrogation de son index.
MOI – Ah..euuh…Quoi de plus positif pour moi que de travailler avec vous ?
JMM – Un salaire de 200€ par post vous irait il ?
MOI – Ne pourrait-on pas augmenter un petit peu cet émoluement ?
JMM – 205€
MOI – Quel idiot refuserait une telle proposition ?
L’assistant hoche la tête doucement, fier de moi.

Voilà – l’entretien s’est terminé par un repas en commun – enfin en commun, c’est beaucoup dire, puisque nous sommes restés chacun dans nos box respectif, et on nous a servi des sushis. Qui étaient très savoureux.

Je tiens à rassurer tous mes fans que malgré ce changement d’habitude et de formule, je vous fais le serment de ne pas perdre en authenticité ou même en humour. Mes billets sur JMM.COM seront légèrement différents de ceux que vous connaissez déjà de moi, ils seront plus orientés actu/ humour geek, etc…Les deux activités seront donc cloisonnées.

Rendez-vos donc le 7 Avril pour mon premier post chez jMM… J’ai le trac !

Le vaisseau FCOM cesse de naviguer

Thursday, November 20th, 2008

Le Vaisseau Amiral de la musique électronique Française, le label F Communications, vient d’informer ses fidèles qu’il rentrait au port après 14 ans d’explorations diverses dans le paysage de l’électro internationale.

J’avais 16 ans en 1994 lorsque Eric Morand, alors D.A de Fnac Music | Dance Division, fonde avec Laurent Garnier (besoin encore de le présenter ?) FCOM, LE 1er label électronique français. Au cours de 14 années passionnées, qui nous firent découvrir outre les opus de Laurent, des artistes tel que Alexkid, Jori Hulkkonen, ou encore Mr Oizo, FCOM s’est marqué par deux axes qui le définirent jusqu’à cette “mise en arrêt” : l’esprit de découverte et l’absence de concessions. Plus de détails après le jump.

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Coup dur pour le rap kreyol

Monday, June 23rd, 2008

On peut difficilement imaginer ce que représente le groupe de rap kreyol Barikad Crew pour le peuple et la jeunesse Haïtienne. Un collectif engagé et enragé à la Wu-Tang, sanguin et revendicatif, brandissant haut les oripeaux du quartier de la rue Nicolas à Port-au-Prince. Traitant dans un album unique de thèmes chers à la jeunesse Haïtienne, trainant derrière eux des anecdotes sulfureuses, des rivalités de foulard, des clashs artistiques, bref, un gros groupe de rap né dans la pauvreté fière et jamais désespérée.

barrikad crew

Le 15 Juin dernier, le groupe revient d’un concert au Club Olympia en Plaine, au nord de la capitale. Ils sont en route pour une nouvelle session, dans les locaux de Radio Caraïbes, par la route de l’aéroport.

La BMW de tête, roulant à vive allure, sort de la route, percute un muret, éjecte un des chanteurs du BC 10 mètres plus loin.Elle vient ensuite s’écraser dans le fossé bordant la chaussée, près d’un pylone électrique.

Rien ne pourra sauver les trois membres du groupe encore dans la voiture et leur pote qui conduisait. Surtout pas les pompiers, qui n’arriveront que deux heures plus tard.

Trois chanteurs du BC, Jean Walker Sénatus (Papa Katafalk), Junior Badio (Dejavu), Johnny Emmanuel (Dade), le batteur et percussioniste Wilderson Magloire, et le conducteur Guichard Labranche périssent carbonisés dans l’accident.

A l’Haïtienne, la foule entière entoure les lieux de l’accident. Beaucoup sont en pleurs. Les photos et images de ce qui reste du véhicule font la une des journaux.

Le lendemain du drame, la petite amie de K-tafalk, Nathalie Bertrand (24 ans) se tire une balle dans la tête.

Le 19 Juin, jour de la fête de la musique, des milliers de Haïtiens se donnent rendez-vous au Kiosque Occide Jeanty à Port-au-Prince, pour pleurer les disparus. Des personnalités dont Wyclef Jean, protecteur emblématique du rap Haïtien, rendent hommage au groupe.

On peut ne pas accrocher au rap kreyol quand on ne l’est pas, ou quand on est bercé depuis des années aux prods léchées provenant des U.S ou de la métropole.
Je ne suis pas un grand connaisseur, mais au visionnage de cette video du BC, je me dis quand même qu’il y a des messages et des colères plus authentiques que d’autres. Je ne parlerai ni du deuil, ni des raisons réelles de l’accident,  ni de la peine, car là-dedans il n’y a pas de gradation, ni de vérité tout à fait immaculée.

Zemanta Pixie

Eia à Césaire, le blanc te salue.

Friday, April 25th, 2008

Cahiers d’une Arrivée

Jeudi Dernier, arrivée à Fort de France, Martinique. Aéroport Aimé Césaire.
On m’y annonce qu’Aimé Césaire est mort.
Un homme que j’aimais, au sujet duquel j’avais déjà écrit sur ce blog, un « péyi » que j’admire, un week-end intense à envisager, un emploi du temps professionnel annulé pour deuil national. Mais le sentiment, dans cette tristesse ambiante, d’être chanceux de pouvoir être là pour ces jours-là.

Des fleurs de balisiers, symbole du Parti Progressiste Martiniquais que fonda Césaire, partout sur les routes, partout dans les mains, comme des flammes immobiles, des Martiniquais dignes mais attirés comme un aimant par la procession, la voiture, toucher la vitre, dire Adieu, et suivre, klaxonner, chanter, pleurer, réciter, se faire voir ou se cacher, jusqu’au stade Dillon/Aliker, où il fait déjà nuit, trois heures de retard, le cercueil se pose, et où l’on vient encore, où l’on ne fait que commencer de venir, le cercueil, toucher la vitre du cercueil.

A Fort-de-France des panneaux en papiers immaculés ont été tirés pour que la rue puisse écrire sa douleur, mais le fond est moins spontané, moins naturel, les phrases se ressemblent, sont moins précises que les regards, on se rend compte que la connaissance de Césaire est disparate, qui de connaitre le chantre de la négritude, qui de louer le symbole, qui de louer l’éternel maire de Fort de France. Quelque soit le degré de connaissance au sujet de Césaire, la douleur semble être la même.

Lire Césaire quand on est blanc

Césaire m’a non seulement fait prendre conscience d’une douleur exprimée, de la part de responsabilité qui résonne en moi, de la part de bourreau mais aussi de victime, mais le terme d’universalité qu’on utilise à tout bout de champ en ce moment pour qualifier son oeuvre est tout à fait juste.

Non seulement l’Antillais n’est pas un africain, puisque coule en lui du sang blanc, noir, caraïbe, mais une lecture de Césaire permet d’élargir cette négritude à tous les opprimés, colonisés, fléchis de la terre.
In extenso, pêle mêle accolés dans les actualités, se télescopaient dans les journaux télévisés des nègres tibétains, des nègres palestiniens, des nègres de toutes les couleurs.
Et si l’œuvre de Césaire est importante, c’est non pour avoir rétabli une vérité, car il n’est de vérité poétique, mais rétabli une fierté.

Dans ce que me disaient les martiniquais je retrouvais souvent ces termes : vertical, droit, fier.
« Un homme vertical ». Pas courbé, pas penché, droit, fier.
Et si identité il y a, c’est encore une identité faible, peu solide, à construire. Identité précaire d’un peuple partagé entre un passé douloureux, un présent assez bancal, et un avenir indéterminé.

Ce passage d’Edouard Glissant dans « Le Discours Antillais » (folio essais, 1997) illustre à mon sens magnifiquement cet entre-deux :

“Aussi bien, si cet espace n’est pas l’espace ancestral, ce n’est pas non plus un espace possédé. La collectivité martiniquaise s’équilibrerait de savoir qu’entre l’idéal perdu du retour à l’Afrique et l’idéal de la promotion à la citoyenneté française, une réelle et dense dimension a été mise entre parenthèses au fil de l’histoire subie, et qui est la possession soufferte de la terre nouvelle.
La légitimité de cette possession collective n’est pas même esquissée. Il n’y a ni possession de la terre, ni complicité avec la terre, ni espoir en la terre. La prodigalité (ou l’apparente insouciance) dont semblaient faire preuve les Martiniquais relève de ce sentiment obscur d’être littéralement de passage sur leur terre.”

Verticaux / Horizontaux

Pendant ces obsèques nationales et verticales, à l’hôtel Carayou des Trois-Ilets (fort agréable et très bon service au demeurant), des métropolitains ayant payé pour le voyage sont en position horizontale, au soleil.

Manger seul au petit déjeuner vous permet d’observer en zoologue certains de ces touristes à la peau rouge et au débardeur échancré s’adresser au personnel Martiniquais comme s’il s’agissait de petits macaques obéissants. Ceux qui sont vraiment à coté de la plaque, ce sont eux. Ces quelques touristes métropolitains. On leur a dit qu’avec le personnel hôtelier des Antilles, fallait pas se laisser faire, faut être sec et cassant tout de suite, après ça passe. Vraiment. Ils feraient mieux d’un peu plus lire Césaire.

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Jeux Olypiques : être une flamme libérée, tu sais c’est pas si facile.

Thursday, April 10th, 2008


(cc) by-nc-sa by Ernest Morales

Quelques réflexions sur les incidents liés au parcours de la flamme olympique, que cela soit à Londres, Paris, Frisco, et bientôt près de chez vous.

Les vrais jeux olympiques c’est maintenant. Jacques Rogge ayant décrété que la flamme continuera son parcours ,vous allez voir que l’émulation autour de cette contestation va grandir au fur et à mesure que la flamme diminue. Des jeux olympiques de la contestation : pour une fois peut-être que la France pourrait décrocher la médaille d’or. Chaque pays va tenter de décrocher la médaille du plus gros bordel. Les chinois ont eu une sage idée de ne pas faire passer la flamme par Seattle ou Gênes.

C’est débile de dire que le Pro-Tibetlibrisme est un effet de mode. Même si c’est vrai, et alors ? Il y a des modes tout de même plus utiles que d’autres, non ? Il vaut mieux sombrer dans la mode Pro-Tibet que Pro-triades chinoises, Pro-Ana, ou Pro-blagues racistes dans les stades.

C’est débile de dire que quand on défend le Tibet, pendant ce temps on défend pas plein d’autres causes tout aussi voire plus importantes. Je pense que l’un ne s’oppose pas à l’autre et que le corps humain ne dispose pas d’une seule case dédié au combat humanitaire. Si M. et Mme Dupont et leur fils Kevin sont capables de regarder Super Nanny le dimanche, la Nouvelle star le Mercredi et Julie Lescaut le Jeudi, je pense qu’ils peuvent aussi cumuler à terme les causes.

Chacun est à sa place. J’adore la notion de système, l’existence de forces antagonistes qui ont toutes leur raison d’être et contribuent à la naissance d’un autre système. Les flics font leur rôle de flic, les manifestants ont fait très bien leur boulot de manifestant, les gardes de la flamme chinois font bien les cons, la télé idem, les sportifs font du sport, les commerçants commercent, les politiques font de la diplomatie. Le parcours de la flamme n’aurait pas été médiatisé dans toute l’Europe si il n’y avait pas eu ces affrontements.

Au centre de ce système, brinquebalés à droite et à gauche, les sportifs, partagés entre l’abjection des organisateurs et le dégout de se faire cracher dessus par la foule.

Symbole de ce déchirement, David Douillet, dont je ne suis habituellement pas fan mais qui, le jour de la flamme parisienne, aurait volontiers balancé une claque à la fois aux manifestants, et à la fois aux organisateurs chinois lui éteignant la flamme avec un détachement incroyable. Je l’ai trouvé ce jour là d’une humanité assez touchante.

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