Archive for April, 2008

L’expression du jour : « That’s what she said »

Tuesday, April 29th, 2008

Après vous avoir éclairé sur « jumping the shark », « i drink your milkshake », « i can has cheezburger » et autres expressions cultes, laissez-moi vous parler du mythique « That’s what she said ».

De l’avis de mes amis américains et anglais, peu d’entre eux se souviennent avoir entendu l’expression avant que la série « The Office » version U.S n’en fasse une phrase culte, et vanne préférée de tous les garçons un peu coquinous.

Traduction aisée : « c’est ce qu’elle a dit ». Et application également facile : sortir cette réplique dès qu’une phrase prononcée par votre interlocuteur peut être prise de près ou de loin comme une évocation d’acte sexuel, le « she » devenant alors la partenaire fictive ayant pu prononcer la phrase.

Quelques exemples, bien qu’en français cela perde beaucoup de son sel :
Votre ami, soulevant une bûche après avoir coupé du bois « Oh Mon Dieu, elle est vraiment grosse et longue… » réponse : « that’s what she said ! »
Un autre ami évoquant son déménagement : « C’est vraiment trop épuisant, je vais avoir besoin qu’une copine vienne m’aider » réponse : « that’s what she said ! »
A la fin d’un jogging, un autre ami « wow, c’est fatiguant mais ça valait le coup de le faire » réponse : that’s what she said ! »

Attention, ne vous lancez pas dans cette activité, cela peut devenir très rapidement addictif. Même en réunions de business. Mais quel plaisir, en le prononçant, au milieu des regards interloqués, de reconnaitre dans la pièce celui qui, lui aussi, regarde « The Office ».

Michael Scott, le héros de « The Office », est un patron pétri de défauts, mais toujours au garde à vous pour lancer les vannes les plus indisposantes, dont le « That’s what she said » tient le haut du pavé. Cette vidéo, qui je pense vous fera rire même si vous n’êtes pas fan de The Office, présente un best-of des « That’s what she said » de la série (il faut comprendre l’anglais).

Et pour les fans de The Office ET de Twitter, voila l’objet culte à posséder absolument – profitez de la baisse du dollar pour acquérir comme je l’ai fait ce T-shirt « That’s what she twittered » chez Cottyn


Design par Simmy , droits réservés pour la photo.

Cindy Sander, La Schpounzette

Sunday, April 27th, 2008

Connaissez-vous l’histoire du Schpountz, popularisée par Fernandel ? C’est l’histoire d’un gentil gars de Province, rêvant de célébrité, qui, un beau jour, se fait prendre en sympathie par une bande de Parisiens du « Show Bizz » grinçants et rieurs, qui abuseront de sa naïveté en lui faisant croire à son talent là ou tout n’était que moqueries. Regardez cet extrait et je vous explique après :

Toute droit venue de son Strasbourg natal, la jeune Cindy Sander, d’abord recalée par le Jury de la Nouvelle Star, puis récupérée, essorée, maquillée, trimballée recyclée en single M6 Interactions, est la nouvelle Schpounzette.
A voir, lors du dernier prime de « La Nouvelle Star », le ton condescendant et cynique de Virginie Elfira à la fin du playback pathétique de la strasbourgeoise. Tout le monde s’amuse bien de la demoiselle. J’avais l’impression de revoir le Schpountz. Quelques réflexions :

- La grande justification des équipes de prod et attachées de presse responsables de ce « buzz » Cindy Sander est de dire que c’est un « jeu réciproque », qu’en réalité Sander sait se donner aux journalistes et en profite bien. C’est faux. Cindy ne gagne pas d’argent pour l’instant, et les magazines, M6, ayant fait grand renforts de pub durant l’émission annonçant la pauvrette, et l’ensemble du dispositif autour d’elle se rincent.

- Je signale que le compagnon de Cindy a quitté son emploi en usine pour faire « manager ».

- Quelque soit le niveau de Cindy, elle vendra plus de singles que l’ensemble des candidats de cette saison réunis.

- Le Jury collabore à cette exposition pathétique de la Strasbourgeoise. André Manoukian lui déclame un poème volontairement grotesque, paisiblement sûr qu’elle ne comprendrait rien.

- M6 a voulu trouver cette année son Sanjaya Malakar à elle, le candidat de la saison 6 d’American Idol, désarticulé et crécelle, que le public avait dangereusement plébiscité selon toute logique musicale sous l’impulsion du radio host Howard Stern. Formidable booster d’audience. A la différence près que Malakar était un grain de sable dans la mécanique, et que cette fois-ci le grain de sable fait partie intégrante de la mécanique. Humiliation -> Buzz -> Production.

- Un jour, cette surenchère, cette incompétence généralisée de la production française, sera stoppée net par un suicide. A titre d’exemple, le suicide d’une coiffeuse de province a qui on aurait fait croire au succès, dont le petit ami aura lâché son taff pour se lancer à corps perdu vers la lumière. Des émissions auront lieu, des débats, on brandira les titres « la télé réalité a-t-elle été trop loin ? », « le miroir aux alouettes s’est-il cassé ? », et la cocotte minute aura relâché un peu de pression. Malheureusement il faudra en arriver là pour que les gens comprennent.

- Quoi qu’il en soit, malgré tout ce cynisme, ce parisianisme, ces moqueries, le résultat net de l’opération Sander sera pour les productions M6 une source supplémentaire de revenus et une opération « satisfaisante ».

Le ciné club du sélectionneur #1

Saturday, April 26th, 2008

J’essaierai régulièrement de faire part de mes dernières visites au cinéma.
Cette semaine je rends hommage au 7e art français puisque j’ai décidé de vous chroniquer “Funny Games U.S”, film américano-autrichien, “REC“, film espagnol, et “10.000 B.C“, film américain.

(more…)

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Eia à Césaire, le blanc te salue.

Friday, April 25th, 2008

Cahiers d’une Arrivée

Jeudi Dernier, arrivée à Fort de France, Martinique. Aéroport Aimé Césaire.
On m’y annonce qu’Aimé Césaire est mort.
Un homme que j’aimais, au sujet duquel j’avais déjà écrit sur ce blog, un « péyi » que j’admire, un week-end intense à envisager, un emploi du temps professionnel annulé pour deuil national. Mais le sentiment, dans cette tristesse ambiante, d’être chanceux de pouvoir être là pour ces jours-là.

Des fleurs de balisiers, symbole du Parti Progressiste Martiniquais que fonda Césaire, partout sur les routes, partout dans les mains, comme des flammes immobiles, des Martiniquais dignes mais attirés comme un aimant par la procession, la voiture, toucher la vitre, dire Adieu, et suivre, klaxonner, chanter, pleurer, réciter, se faire voir ou se cacher, jusqu’au stade Dillon/Aliker, où il fait déjà nuit, trois heures de retard, le cercueil se pose, et où l’on vient encore, où l’on ne fait que commencer de venir, le cercueil, toucher la vitre du cercueil.

A Fort-de-France des panneaux en papiers immaculés ont été tirés pour que la rue puisse écrire sa douleur, mais le fond est moins spontané, moins naturel, les phrases se ressemblent, sont moins précises que les regards, on se rend compte que la connaissance de Césaire est disparate, qui de connaitre le chantre de la négritude, qui de louer le symbole, qui de louer l’éternel maire de Fort de France. Quelque soit le degré de connaissance au sujet de Césaire, la douleur semble être la même.

Lire Césaire quand on est blanc

Césaire m’a non seulement fait prendre conscience d’une douleur exprimée, de la part de responsabilité qui résonne en moi, de la part de bourreau mais aussi de victime, mais le terme d’universalité qu’on utilise à tout bout de champ en ce moment pour qualifier son oeuvre est tout à fait juste.

Non seulement l’Antillais n’est pas un africain, puisque coule en lui du sang blanc, noir, caraïbe, mais une lecture de Césaire permet d’élargir cette négritude à tous les opprimés, colonisés, fléchis de la terre.
In extenso, pêle mêle accolés dans les actualités, se télescopaient dans les journaux télévisés des nègres tibétains, des nègres palestiniens, des nègres de toutes les couleurs.
Et si l’œuvre de Césaire est importante, c’est non pour avoir rétabli une vérité, car il n’est de vérité poétique, mais rétabli une fierté.

Dans ce que me disaient les martiniquais je retrouvais souvent ces termes : vertical, droit, fier.
« Un homme vertical ». Pas courbé, pas penché, droit, fier.
Et si identité il y a, c’est encore une identité faible, peu solide, à construire. Identité précaire d’un peuple partagé entre un passé douloureux, un présent assez bancal, et un avenir indéterminé.

Ce passage d’Edouard Glissant dans « Le Discours Antillais » (folio essais, 1997) illustre à mon sens magnifiquement cet entre-deux :

“Aussi bien, si cet espace n’est pas l’espace ancestral, ce n’est pas non plus un espace possédé. La collectivité martiniquaise s’équilibrerait de savoir qu’entre l’idéal perdu du retour à l’Afrique et l’idéal de la promotion à la citoyenneté française, une réelle et dense dimension a été mise entre parenthèses au fil de l’histoire subie, et qui est la possession soufferte de la terre nouvelle.
La légitimité de cette possession collective n’est pas même esquissée. Il n’y a ni possession de la terre, ni complicité avec la terre, ni espoir en la terre. La prodigalité (ou l’apparente insouciance) dont semblaient faire preuve les Martiniquais relève de ce sentiment obscur d’être littéralement de passage sur leur terre.”

Verticaux / Horizontaux

Pendant ces obsèques nationales et verticales, à l’hôtel Carayou des Trois-Ilets (fort agréable et très bon service au demeurant), des métropolitains ayant payé pour le voyage sont en position horizontale, au soleil.

Manger seul au petit déjeuner vous permet d’observer en zoologue certains de ces touristes à la peau rouge et au débardeur échancré s’adresser au personnel Martiniquais comme s’il s’agissait de petits macaques obéissants. Ceux qui sont vraiment à coté de la plaque, ce sont eux. Ces quelques touristes métropolitains. On leur a dit qu’avec le personnel hôtelier des Antilles, fallait pas se laisser faire, faut être sec et cassant tout de suite, après ça passe. Vraiment. Ils feraient mieux d’un peu plus lire Césaire.

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LOLCat Bible Translation Project

Saturday, April 12th, 2008


(cc) by-nc-sa by aylaujp

Si vous êtes familier avec le phénomène LOLCat (si vous ne l’êtes pas, faites-moi le plaisir d’aller lire ce post et ce post), voici un projet d’envergure qui parachève le statut de culte de ce language, de ce mode de vie, de ce courant artistique.

Martin Grondin est à l’initiative du LOLCat Bible Translation Project, un MediaWiki collaboratif ou les exégètes et experts du monde entier peuvent contribuer à traduire la bible en langage LOLCat, le lolspeak.
Cela pourrait faire rire, mais le truc qui calme, c’est qu’à ce jour plus de 60% de la traduction est déjà finie.

Les termes de la bible sont savamment traduits en tenant compte de la grammaire, du champ lexical (les fameux cheezburgers pour toute allusion au bonheur, la récompense, le ceiling cat pour Dieu, et j’en passe) et de la mythologie lolspeak.

Un petit exemple comparatif pour le fun, Genèse 28.

english : And Jacob went out from Beersheba, and went toward Haran.
lolspeak : Jacob GTFO Beersheba n goed to Haran11

english : And he lighted upon a certain place, and tarried there all night, because the sun was set; and he took of the stones of that place, and put them for his pillows, and lay down in that place to sleep.
lolspeak : he stopped whun it got darkiez n sleeped on a rock12 he had-ed a dream;

english : And he dreamed, and behold a ladder set up on the earth, and the top of it reached to heaven: and behold the angels of God ascending and descending on it.
lolspeak : he saw teh stairway to heaven n there wuz lotz of kitteh on it13

english : And, behold, the LORD stood above it, and said, I am the LORD God of Abraham thy father, and the God of Isaac: the land whereon thou liest, to thee will I give it, and to thy seed;
lolspeak : n up top lookin out from a hole in teh ceiling wuz Ceiling Cat he sez “I R Ceiling Cat, Watchin U Dreamz. U CAN HAS the land wheres U be sleepin”

english : And thy seed shall be as the dust of the earth, and thou shalt spread abroad to the west, and to the east, and to the north, and to the south: and in thee and in thy seed shall all the families of the earth be blessed.
lolspeak : Ur DNA gonna be leik radioactive fallout, Ur gonna be everywhar, n U all CAN HAS CHEEZBURGERZ”

Le Vatican aurait déclaré “La traduction du Livre Saint en Lolspeak nous permettra de faire découvrir à de nouvelles générations l’évangile”.
Cette phrase est fausse.

Jeux Olypiques : être une flamme libérée, tu sais c’est pas si facile.

Thursday, April 10th, 2008


(cc) by-nc-sa by Ernest Morales

Quelques réflexions sur les incidents liés au parcours de la flamme olympique, que cela soit à Londres, Paris, Frisco, et bientôt près de chez vous.

Les vrais jeux olympiques c’est maintenant. Jacques Rogge ayant décrété que la flamme continuera son parcours ,vous allez voir que l’émulation autour de cette contestation va grandir au fur et à mesure que la flamme diminue. Des jeux olympiques de la contestation : pour une fois peut-être que la France pourrait décrocher la médaille d’or. Chaque pays va tenter de décrocher la médaille du plus gros bordel. Les chinois ont eu une sage idée de ne pas faire passer la flamme par Seattle ou Gênes.

C’est débile de dire que le Pro-Tibetlibrisme est un effet de mode. Même si c’est vrai, et alors ? Il y a des modes tout de même plus utiles que d’autres, non ? Il vaut mieux sombrer dans la mode Pro-Tibet que Pro-triades chinoises, Pro-Ana, ou Pro-blagues racistes dans les stades.

C’est débile de dire que quand on défend le Tibet, pendant ce temps on défend pas plein d’autres causes tout aussi voire plus importantes. Je pense que l’un ne s’oppose pas à l’autre et que le corps humain ne dispose pas d’une seule case dédié au combat humanitaire. Si M. et Mme Dupont et leur fils Kevin sont capables de regarder Super Nanny le dimanche, la Nouvelle star le Mercredi et Julie Lescaut le Jeudi, je pense qu’ils peuvent aussi cumuler à terme les causes.

Chacun est à sa place. J’adore la notion de système, l’existence de forces antagonistes qui ont toutes leur raison d’être et contribuent à la naissance d’un autre système. Les flics font leur rôle de flic, les manifestants ont fait très bien leur boulot de manifestant, les gardes de la flamme chinois font bien les cons, la télé idem, les sportifs font du sport, les commerçants commercent, les politiques font de la diplomatie. Le parcours de la flamme n’aurait pas été médiatisé dans toute l’Europe si il n’y avait pas eu ces affrontements.

Au centre de ce système, brinquebalés à droite et à gauche, les sportifs, partagés entre l’abjection des organisateurs et le dégout de se faire cracher dessus par la foule.

Symbole de ce déchirement, David Douillet, dont je ne suis habituellement pas fan mais qui, le jour de la flamme parisienne, aurait volontiers balancé une claque à la fois aux manifestants, et à la fois aux organisateurs chinois lui éteignant la flamme avec un détachement incroyable. Je l’ai trouvé ce jour là d’une humanité assez touchante.

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Lost saison 4 : Ont-ils sauté le requin avec Michael ?

Friday, April 4th, 2008

Attention : ce post contient de virils spoilers sur la saison 4 de Lost. Si vous n’avez pas regardé cette saison jusqu’à l’épisode 8 et ne souhaitez pas voir votre plaisir gaché, ne lisez pas ce post.

Lost saison 4 en synchro avec les states

Sur le papier il y avait peu de chances pour qu’un jour je puisse dire que TF1 ait eu unebonne idée. Une excellente idée même : juguler un tant soit peu les teléchargements et sous-titrages pirates de Lost (un peu seulement du tant) en proposant, dans un délai de décalage U.S acceptable pour les fans (24h), les épisodes en téléchargement et en streaming, le tout en V.O (de toute façon il serait difficile de doubler en 24h).
Depuis le début de la saison 4, tf1 propose désormais via son portail V.O.D TF1 Vision ces épisodes pour la modique somme de 1,99 €

Après 8 épisodes gorgés de révélations et de nouveaux twists à en saigner du nez, la saison 4 est en ce moment en hiatus, longue pause jusqu’au 24 Avril. Le temps pour les producteurs Carlton Cuse et Damon Lindelof, duo des producteurs de la série plus connu sous la contraction Darlton, de tourner 5 épisodes additionnels aux huit premiers (qui devaient pour cause de grève des scénaristes constituer à eux seul la saison 4).


Episode 8 : Kevin Johnson McLeod

L’épisode 8, Meet Kevin Johnson, nous en dit un peu, beaucoup plus, sur ce qui est survenu à Michael et Walt après leur départ en bateau à la fin de la saison 2.

J’ai toujours été un défenseur inconditionnel de la série. Je n’ai pas été entièrement satisfait de la saison 3 (hormis le premier et le dernier épisode), mais jamais, malgré les frustrations, les doutes, les coups de théâtres, les approximations, je n’ai été déçu du scénario. J’ai une confiance infinie envers Darlton. Je sais qu’il y a une réponse, qu’elle est belle, qu’elle nous nourrira tous lors du final de la saison 6.

Cependant ma confiance a pris un sérieux coup de poing dans le ventre dans “Meet Kevin Johnson”. Un Michael qui ne peut pas mourir ? Un Michael immortel tant que l’Ile le décide ? WTF ??
Les voyages dans le temps, les gens qui deviennent frappadingues en traversant “mal” les territoires périphériques de l’île, les guérisons, les hallucinations là-bas, ça passait. Après tout, le triangles des bermudes, les anomalies électromagnétiques, ça peut passer.
Mais que Michael, une fois rentré à New York même, c’est à dire à des milliers de kilomètres de l’île, soit dans l’incapacité de se tuer en bagnole, de se tirer une balle dans la tête, ou plus encore si affinités (Tom a l’air complétement détendu par rapport à ça), j’avale mal, ça m’emmerde.
Carl, Charlie, Boone, Shannon, Ana Lucia, Libby, Mister Eko sont morts sur l’île. Non seulement Michael n’est pas mort sur l’île, mais l’île ne voudrait pas qu’il meure ?
Dans ce genre de situation, un téléspectateur américain pourrait dire que Lost, sur cette épisode, à peut-être sauté le requin. Lost jumped the shark.

L’expression “Jump The Shark”
On utilise l’expression “Jump the shark” lorsqu’une série TV ou plus largement un concept atteint, par un épisode ou un alea un peu exagéré/ridicule/improbable/baclé , un point de non retour qui marque le début inéxorable d’une chute annoncée.

J’adore cette expression et son origine, qui prennent naissance dans l’histoire récente, en 1977. La série “Happy Days” durant sa saison 5 amène pour 3 épisodes spéciaux les Cunningham et Fonzie en décors extérieurs, en californie.
Et là, une scène va rentrer dans l’histoire. Fonzie, vétu de son blouson en cuir, réalise une cascade en ski nautique et saute par-dessus un requin.

De l’avis même de Gary Marshall, le producteur du show, lui et l’équipe de tournage, au moment de shooter la scène, savaient qu’ils venaient de casser quelque chose. Même si cette scène est devenue pop culte, que des milliers de fans s’écrièrent “WTF ?” devant leurs téléviseurs ce jour là, et que par la suite des départs de castings significatifs allaient s’enchaîner pour précipiter la chute de la série, c’est encore plus de 100 épisodes qui furent tournés et diffusés aux USA après le sautage de requin.
Wikipedia m’apprend encore que la première utilisation de l’expression date du lancement par Jon Hein de son site jumptheshark.com
. Sur ce site, vous pouvez échanger avec d’autres fans vos opinions sur les séries qui ont “sauté le requin”, lors de quel épisode, sous quelle forme. Quelques séries comme friends apparaissent sur le site comme n’ayant jamais sauté le requin.
On y trouve également une classification des motifs de “sautage de requin” (héros ressuscité à la bobby, histoire d’amour improbable, etc), qui frôle la thèse universitaire.

Bon, et vous, vous en pensez quoi ? Est-ce que Lost a déjà sauté le requin selon vous ? et si oui, quand ?

Nouvelle Star : commentaires à chaud

Thursday, April 3rd, 2008


(licence cc-by-nc-sa photo by Damned Lies)

On dit que la France compte environs 60 millions de sélectionneurs de l’équipe de France, mais il y a aussi pas mal de membres du jury de la Nouvelle Star en puissance.
Je me suis essayé au visionnage ce soir de cette émission que je n’avais jamais regardé auparavant.

Vraisemblablement, Julien Doré et Christophe Willem ont contribué les années précédentes à deux phénomènes qui m’ont surpris :
- Ils ont hypisé cette émission. Il ne semble absolument pas ringard de parler de la Nouvelle Star, alors que la Starac sent le poisson. La Nouvelle Star est plus hype car au lieu de massacrer du Céline Dion, les candidats massacrent les BB Brunes.
- Il est de bon ton d’avoir une gueule, un genre, un profil, un truc qui ressorte, une dent de travers. Il est également de bon ton de reprendre les morceaux en ne chantant pas tout à fait le morceau, d’utiliser une autre mélodie vocale, de transformer les la en si et les do en mi, pour un décalage disruptif et acidulé.

> Ayant beaucoup plus suivi la version U.S de la Nouvelle Star, American Idol, je suis surpris par la présence en finale dans le jeu Français de beaucoup de candidats chantant faux. La qualité des candidats de la version U.S, certes un peu plus formatée et gueularde, est tout de même supérieure d’un point de vue de la justesse. Justesse en voix, et en prestation scénique.

Dans la version U.S l’accident survient quand un candidat chante un peu faux pendant vingt secondes, en France c’est quand le candidat chante juste pendant plus de vingt secondes que le jury fond en larmes et que la foule se lève.

Donc, à titre personnel, en tant que membre du jury populaire de la Nouvelle Star, mes premiers critères de sélection sont la justesse vocale, la justesse d’interprétation (ni surjeu, ni plante verte), et en dernier lieu l’originalité. Vraisemblablement ce qui prime c’est l’inverse.

>Voici mes notations en live :

Sian : Sian possède une technique vocale, mais la secoue trop devant tout le monde, ne sachant pas trop quoi en faire. A surjoué toute son interprétation. Très jolie, néanmoins. 7/20

Kristov : Il a crié “help me” plusieurs fois mais personne n’est venu le sauver sur son manque de justesse en reprenant le micro. Les commentaires de Philippe Manoeuvre et de Manoukian m’ont laissé sans voix, j’ai débranché mes câbles audio de la télé et rebranché histoire de m’assurer qu’on entendait la même chose. Il était bon dans les auditions pourtant, merde. 3/20

Benjamin : “Une machine à dévorer le groove” selon Lio, je pense qu’il ne faut pas exagérer sur cette prestation souvent faible vocalement. 9/20

Fred : On aurait dit qu’il allait tirer un coup franc à chaque pas de danse qu’il exécutait, mais le gars était assez attachant, et vocalement pas mauvais. Il aurait du ne pas suivre cette sobriété vestimentaire et adopter une attitude plus excentrique. 12/20

Thomas : M’a fait penser à mes années collège, à ces gars en fins de boums qui pogotaient à trois au milieu du salon, ivres de Fanta. Méga surjoué. 3/20

Lucile : A chanté juste. 1ere chanson sans fausse note de la soirée, bien que le choix soit plutôt safe et pas dans mes cordes du tout. A eu la sagesse d’être en retenue (hormis maquillage de gay pride). 14/20

Julie : Prestation proprette et placée, bonne chanteuse de piano bar. 13/20

Cédric : Excellent choix de chanson pour lui.Très classe. Agréable surprise, je m’apprêtais à ne pas aimer ce bogoss chantant Bashung, mais il a été impeccable. 16/20

Julien : Bon choix de chanson, un peu safe également, 14 points -1 point pour la coiffure, type adjani dans l’été meurtrier. 13/20

Adjani

Cindy : bof bof bof 11/20

Amandine : Meilleure prestation féminine de la soirée. Juste et appliquée. 15/20

Axelle : Mignonne comme un petit coeur sucré à la rose et à la fraise. Donc 8/20.

Jules : Excellente reprise , bonne musicalité. Là aussi je m’apprêtais à ne pas aimer. Attention au genre “reprises de chansons désuètes mais chanté décalé” emprunté à Julien Doré. 17/20

Clément : Peu de puissance. Il est déjà beau comme un Dieu, encore heureux qu’on puisse le saquer ! 8/20

Ycare : Refrain prévisible, a chanté faux. Je n’ai pas compris la standing ovation. 10/20

Le jury populaire ayant éliminé à grandes rasades de SMS Julie, Fred, Clément, Cindy et Axelle, ma moyenne générale pour les candidats restants est, après calculs et règle de trois, de 10,7/20.

Je trouve cette note générale assez juste et représentative, pas vous ? Ah, on s’en fout ?

A la fin de l’émission je me suis senti comme après avoir mangé un Maxi Best Of 280g chez Mac Do : je me sens un peu gavé, j’aurais pas du, je recommencerai surement, je n’ai pas un mauvais souvenir de ce sandwich mais je ne me souviens pas exactement du moment où j’ai trouvé ça bon.